27 juin 2017

Mortelle tentation

Quand l’homme que vous aimez est accusé du pire, la confiance et la passion vacillent... Connaît-on vraiment la personne qui partage notre vie ?

Dans un coin sauvage des Pyrénées, le cadavre d’une jeune femme est retrouvé entièrement nu. Peter, le mari d'Alexia, randonne en solitaire à cet endroit mais il est injoignable depuis le jour du crime. D’abord inquiète qu’il ait croisé la route de l’assassin, Alexia découvre avec effroi qu'il connaissait la victime. Et s’il était en réalité le meurtrier ?

Déchirée entre l’amour et le doute, Alexia doit faire éclater la vérité.


Mortelle tentation

Mortelle tentation de Christophe Ferré, 470 pages, France Loisirs, 2016

Mon avis : Alexia et Peter filent le parfait amour depuis 20 ans avec leur fils. Ancien joueur de rugby renommé, Peter aime la randonnée en montagne. Il lui arrive régulièrement de partir sans donner de nouvelles pendant quelques jours. Mais lorsque le corps d'une jeune femme est retrouvé à l'endroit où il est supposé randonner et qu'il ne donne plus la moindre nouvelle, Alexia, avocate, finit par douter de Peter. Elle va se retrouver tiraillée entre son amour pour lui et l'horrible soupçon qu'elle nourrit sur sa culpabilité.

J'avais totalement craqué pour la couverture de ce livre. Elle a ce petit effet glaçant et mystérieux qui promet une lecture angoissante...
Commençons d'abord par le style. J'ai trouvé la plume de l'auteur assez lourde. Dans l'ensemble le livre se lit facilement mais certaines formulations m'ont étonnée. Je pense notamment à la façon de l'auteur de parler des preuves retrouvées sur le corps de la victime. J'ai trouvé ça un peu indigeste. Par ailleurs la même formule était utilisée de façon très répétitive. Sans parler de sa façon d'aborder les sentiments entre Alexia et Peter : catalogue de tous les clichés possibles sur les sentiments amoureux... ça devenait franchement lassant. En revanche, les chapitres étaient assez courts, ce qui permettait de donner un bon rythme au livre. Bref, vous l'aurez compris : le style de l'auteur ne m'a pas du tout convaincue.

Passons aux personnages. En dehors d'Alexia, ils sont tous survolés. Je ne leur ai pour ainsi dire pas trouvé de profondeur.
Quant à Alexia, elle est avocate. Or très rares sont les moments où elle réfléchit comme une avocate. Il est certain qu'il est difficile de réfléchir de façon rationnelle quand une affaire de meurtre nous touche d'aussi prêt (du moins je le suppose...). Mais tout de même, on garde des réflexes du quotidien. Si elle s'est positionnée en tant qu'avocate sur 3 pages c'est déjà bien (sur 470 quand même). Du reste, elle met totalement de côté plein d'éléments qui lui sont servis sur un plateau... L'amour est aveugle dirons nous... Et pourtant elle suspecte clairement Peter du meurtre, allez comprendre.

Enfin côté intrigue... c'est le flop... J'ai tout deviné très rapidement. Le schéma était évident, un gros cliché. Je n'avais pas d'idée sur l'identité du coupable dès le départ mais j'avais compris bien avant la fin. L'auteur nous met en main beaucoup trop d'indices dès le départ. Et comme je le disais plus haut, on a beaucoup d'indices, mais la grande majorité est totalement laissée de côté par Alexia, alors que c'est visible comme le nez au milieu de la figure.

Bref, grosse déception pour ma part...

23 juin 2017

La méthode du crocodile

Le crocodile, le prédateur le plus froid et le plus redoutable, rôde dans les rues de Naples…

Tapi dans l’ombre, à l’affût, il observe, attend, se prépare. Rien n’est laissé au hasard, il repère les lieux, les habitudes, les horaires de ses victimes. Et quand il frappe, il ne manque jamais sa cible. D’autant que rien n’est plus facile que de passer inaperçu dans une ville comme Naples, où chacun vaque à ses occupations, indifférent à ce qui se passe autour de lui.
Quand à quelques jours d’intervalle, plusieurs jeunes sont retrouvés assassinés d’une balle dans la nuque, la presse se saisit de l’affaire. Le meurtrier, qui sème des mouchoirs en papier imprégnés de larmes sur les scènes de crime, se voit aussitôt affublé du surnom de Crocodile. Comme le prédateur, il semble pleurer en tuant ses victimes…
L’enquête est confiée à l’inspecteur Lojacono, Sicilien déraciné, personnage effacé voire invisible. Dans une Naples fébrile et pluvieuse, deux hommes solitaires vont se livrer bataille. Le flic contre le tueur. Lequel s’imposera ?




La méthode du crocodile de Maurizio De Giovanni, 281 pages, Fleuve Éditions, 2013

Mon avis : Accusé d'avoir trempé dans des affaires plutôt louches avec la mafia, l'inspecteur Lojacono se retrouve mis au placard, rejeté par sa famille, en particulier sa femme et donc sa fille. Il se retrouve affecté dans un poste où il est très peu sollicité. Toutefois quand des meurtres suspects surviennent, il ne peut s'empêcher de mener discrètement l'enquête. Laura Piras, magistrate, va s'en rendre compte et malgré l'historique de Lojacono, elle décide de l'intégrer dans l'enquête. Le point commun aux scènes de crime : des mouchoirs ayant servis à essuyer les larmes du tueur, ce qui va lui valoir le surnom de crocodile.

J'ai eu beaucoup de mal à entrer dans l'histoire à cause du style d'écriture de l'auteur. J'ai trouvé que c'était très concis. L'auteur va vraiment à l'essentiel. Mais les chapitres sont très courts... au risque d'être trop courts. Le plus de ce style d'écriture est que le livre est très rythmé, on est vraiment pris dedans... mais les chapitres sont tellement courts que je n'arrivais pas à me mettre dans l'ambiance des scènes décrites dans chaque chapitre. Ça m'a vraiment posé problème sur une grande partie du livre. C'est seulement passées les 100 premières pages que j'ai finalement réussi à m'adapter au style. Et une fois que c'était fait j'étais vraiment totalement dedans.

En dehors de Lojacono, je ne sais pas quels personnages on va revoir dans les livres suivants, puisqu'il s'agit d'une saga. Toujours est-il que j'ai eu du mal avec le personnage de Piras, un peu trop sûre d'elle et trop rentre dedans à mon goût, je dirais même prétentieuse. On verra par la suite si je change d'opinion (si on la retrouve dans les prochains opus), mais d'emblée je ne suis franchement pas fan.
En revanche je suis vraiment curieuse de savoir ce que va devenir Lojacono. La lumière va-t-elle être faite sur ce qui est réellement arrivé avec la mafia ? Va-t-il parvenir à redorer son blason ? On a là un personnage torturé, abandonné et mis sur la touche, que j'ai très envie de voir évoluer.

Dès le départ, on sait qui est le tueur. En revanche, on ignore quel est son mobile. À mon sens on est plutôt sur du thriller psychologique. Il y a très peu d'action dans ce livre, hormis sur la fin. On sait d'avance quelles sont les cibles du tueur. On ne peut que croiser les doigts pour qu'il soit stoppé à temps. Très régulièrement, l'auteur nous expose les pensées de l'assassin, nous livrant ainsi au compte-goutte les éléments à assembler pour découvrir son mobile.
Quant au final, il m'a cloué le bec. On se rend compte que l'auteur ne recule devant rien, et qu'on peut s'attendre à tout avec lui. J'ai eu du mal à effacer cette scène finale de mon esprit : comme beaucoup de lecteurs, je visualise les scènes systématiquement tout au long de ma lecture, ce qui a renforcé la puissance des dernières pages pour ma part.

Ainsi, si j'ai eu beaucoup de mal avec la première partie du livre, j'ai fini par ne plus pouvoir le lâcher.

22 juin 2017

Les Pirates de l'Escroc-Griffe, tome 1 : Les Terres Interdites

Lorsque Caboche, après s’être enfui de l’orphelinat militaire, part à la recherche de son père, il ne s’attendait certainement pas à rencontrer la compagnie de L’Escroc-Griffe et encore moins à monter à bord de leur bateau ! Connu pour n’avoir jamais réussi un abordage, l’équipage de Bretelle, vieux capitaine désabusé, ressemble plus à la troupe d’un cirque qu’à une bande de pirates. Mais Caboche va les entraîner dans un voyage rocambolesque sur les Mers Turquoises, à la recherche d’un trésor mythique. Une quête dangereuse puisqu’ils sont pourchassés par l’invincible et immortel Amiral-Fantôme, et qui les mènera jusqu'aux confins du Monde-Fleur, aux abords des mystérieuses Terres Interdites...



Les Pirates de l'Escroc-Griffe, tome 1 : Les Terres Interdites de Jean-Sébastien Guillermou, 449 pages, Bragelonne, 2015

Mon avis : Avec ce premier tome des Pirates de l'Escroc-Griffe, nous faisons connaissance avec Caboche qui vient de fuir de l'orphelinat de façon bien peu discrète. Son objectif : retrouver son père. Dans sa fuite, il va se retrouver embarqué avec l'équipage de l'Escroc-Griffe et partir ainsi avec eux à l'aventure. Cependant le capitaine Bretelle est le premier à proclamer qu'il n'est pas un pirate. Et il faut admettre que lui et son équipage sont plutôt risibles. Caboche va en arriver à se demander s'il a fait le bon choix en partant avec eux, et si le capitaine Bretelle va vraiment pouvoir l'aider à retrouver son père comme il le lui a dit. Leur voyage va être semé d'embuches, notamment avec l'Amiral-Fantôme qui a juré de ne disparaître que lorsqu'il aurait éliminé tous les pirates vivants, jusqu'au dernier...

J'ai adoré la lecture de ce livre qui a été un véritable coup de cœur. La plume de l'auteur est très fluide, vraiment très agréable à lire. Il nous plonge dans un univers riche, très fouillé. On est clairement sur de la fantasy, avec des notes de steampunk (les pros du genre confirmeront ou non). J'ai particulièrement apprécié ce côté pirates, voyages sur les mers, découvertes de terres inconnues et de tous les trésors qu'elles recèlent. Je parlais d'un côté steampunk, et en effet, on va découvrir quelques technologies assez sympathiques. Par ailleurs ce premier tome est aussi et surtout l'occasion pour l'auteur de planter le décor avec les personnages et les différentes civilisations. On va en particulier découvrir le peuple des Kazarsses, des hommes-iguanes qui vivent malheureusement comme des esclaves auprès des hommes.

J'ai totalement accroché aux personnages. Caboche est un gamin touchant et attachant qui découvre que son père est toujours en vie et qui ne vit plus que pour le retrouver même s'il va devoir passer par de nombreuses étapes dangereuses avant cela.
Bretelle, le capitaine de l'Escroc-Griffe, me fait franchement penser à Jack Sparrow. J'avais en tête l'image d'un pirate pitoyable qui veut faire croire qu'il est redoutable alors qu'il n'a jamais été fichu d'aborder un vaisseau... et tout le monde le sait... Malgré tout il va se laisser entraîner par Caboche dans une aventure folle qui va le faire clairement sortir de sa zone de confort. Et c'est bien pour ça que j'ai aimé ce personnage.
Goowan est un Kazarsse libre, particulièrement dévoué au capitaine Bretelle. Il n'hésite pas à mettre sa vie en danger plus d'une fois pour ses compagnons de route. On a encore beaucoup de choses à apprendre de lui et son peuple.

Il y a beaucoup d'action dans ce premier tome, très peu de temps mort. On n'a vraiment pas le temps de s'ennuyer. À chaque chapitre on en découvre un peu plus sur l'univers de l'auteur. C'est un vrai régal. Du reste si vous allez sur le site de l'auteur, vous trouverez quelques bandes sons pour certains passages du livre, des illustrations, c'est vraiment agréable. J'avais deviné l'une des révélations finales bien à l'avance mais ça ne m'a pas dérangée tellement j'étais happée par l'histoire. En revanche la révélation finale m'a scotchée, je ne l'avais pas du tout vue venir. Je n'ai qu'une hâte : découvrir la suite dans le deuxième tome.

Les Terres Interdites, premier tome des Pirates de l'Escroc-Griffe de Jean-Sébastien Guillermou a donc été un gros coup de cœur que je vous conseille vivement même si certains évènements sont plutôt prévisibles.

20 juin 2017

La Boutique Vif-Argent, tome 3 : La carte des passages

Pourquoi Semueld Askell rôde-t-il nuit et jour dans le village d'Applecross, accompagné d'un vol sinistre de corbeaux ? Tout cela ne présage rien de bon. Il semble qu'il ait réveillé la colère des Autres, ces créatures magiques qui vivent dans la Terre Creuse...
Mais c'est à Finley surtout qu'il s'intéresse et à ce qui lui tient le plus à cœur: Aiby Lily !
Pour son amie, Finley est capable des exploits les plus fous !


La Boutique Vif-Argent, tome 3 : La carte des passages de Pierdomenico Baccalario

La Boutique Vif-Argent, tome 3 : La carte des passages de Pierdomenico Baccalario, 246 pages, Gallimard Jeunesse, 2016

Mon avis : Dans ce troisième tome des aventures de Finley et Aiby, nos deux héros et leurs compagnons vont partir à la recherche de l'homme qui tente de s'approprier la Boutique Vif-Argent par tous les moyens. Ils ont déjà une très bonne idée du coupable mais il faut encore le prouver. Ils vont donc tenter de percer plusieurs mystères tout en prenant le risque de mettre leur vie en danger.

Comme pour les livres précédents, passage obligé par l'objet-livre en tant que tel qui est vraiment très beau. L'aspect vieux livre est très réussi. Comme toujours, on retrouve beaucoup d'illustrations très détaillées tout au long du livre. C'est un vrai plaisir de le parcourir. Il se lit très facilement et très rapidement.

Contrairement au tome 2 qui ne m'avait pas emballée, j'ai trouvé ce troisième volet beaucoup plus intéressant. Même si on n'en apprend pas beaucoup plus sur la boutique. Les évènements sont plus captivants, on sent qu'il y a un réel enjeu derrière. Par ailleurs l'auteur fait durer le suspense en laissant supposer certains éléments sur lesquels on ne reviendra qu'à la fin. Finley a une place beaucoup plus importante et va être force de décision. J'ai eu un peu de mal avec le personnage d'Aiby sur ce tome, où elle semble beaucoup plus distante par moment sans réelle explication. Quant au final je l'ai trouvé beaucoup plus détaillé que dans le deuxième tome où j'avais l'impression d'une fin un peu bâclée.

Pour conclure, c'est une très bonne saga qui se lit très bien tout en restant vraiment axé jeunesse bien entendu.

15 juin 2017

Book Jar and others #11


Bonjour à tous ! Et oui, je sais, on est déjà mi-juin, j'ai déjà lu 3 livres sur les 5 prévus, et v'là que je vous sors (enfin) la PàLM du mois... Mieux vaut tard que jamais. Mais je ne voulais pas que les photos végètent dans l'ordinateur... oui parce que tout était près, y avait plus qu'à, mais je n'ai jamais eu le courage... Irrécupérable je suis !

Donc pour ce mois-ci, la Book Jar a craché un petit billet avec "George Sand" écrit dessus :



Je n'avais pas lu de classique depuis bien longtemps, du coup j'avais un peu peur de réussir à me remettre à ce style d'un coup d'un seul, et en même temps ça me faisait bien plaisir ! La chronique de La petite Fadette vient tout juste d'être postée, puisque j'ai déjà terminé ce livre. Vous la trouverez ici.

Pour le reste de la PàLM j'ai essayé de varier les genres.



Tout d'abord j'avais reçu La dernière licorne de Tobby Rolland de la part des éditions Presses de la Cité. Ensuite j'ai choisi Hortense de Jacques Expert qui m'a longtemps été conseillé !
Histoire de poursuivre les sagas en cours, je me lance dans la lecture du troisième tome de La Boutique Vif-Argent, La Carte des Passages de Pierdomenico Baccalario.
Et enfin je vais me faire plaisir (enfin j'espère !) avec Mortelle tentation de Christophe Ferré, qui me fait furieusement envie depuis que je l'ai acheté, d'autant que la couverture est juste magnifique !

Je vous souhaite à tous de très bonnes lectures. N'hésitez pas à me dire si certains livres vous tentent ou si vous les avez déjà lus. Je serais curieuse d'avoir vos avis dessus !

La petite Fadette

Avec La petite Fadette de George Sand, nous suivons deux jumeaux, Landry et Sylvinet, tous deux suivis de près par leurs parents (leur mère en particulier), de crainte qu'ils ne soient trop proches l'un de l'autre. En effet on les a largement mis en garde sur le risque qu'ils s'attachent trop et que l'un souffre des actions de l'autre. Chacun a son propre caractère, Sylvinet étant un peu plus fragile, en particulier psychologiquement. Il va avoir du mal à voir Landry s'éloigner pour travailler dans une autre ferme mais aussi du mal à se rapprocher de la gente féminine.
Un jour, alors que Landry cherche Sylvinet, il va tomber sur Fadette. Il s'agit d'une enfant mal vue et rejetée par le village. On la soupçonne de sorcellerie de même que sa grand-mère. Sa mère était de mauvaise fréquentation, une réputation qui retombe sur Fadette. Enfin Fadette n'est pas très soignée, elle s'habille mal et fait plutôt penser à un garçon manqué... tout pour que les habitants du village la rejètent. Néanmoins, avec le temps, et malgré les manigances de Fadette, Landry va finir par s'attacher à elle.



La petite Fadette de George Sand, 243 pages, Éditions Garnier Flammarion, 1967

Mon avis : J'étais bien contente de tirer ce livre dans la Book Jar : je n'avais pas lu de classique depuis bien longtemps. Aussi je ne suis pas fan des histoires d'amour, mais pour autant sur du classique tel que celui-ci, ça ne m'a pas du tout dérangé. D'autant qu'on aborde aussi d'autres sujets, en particulier la tolérance vis-à-vis de Fadette qu'on rejette à cause de ses origines. Finalement, on se rend compte que si elle est comme elle est, ce n'est pas à cause de ses origines mais bien à cause de la façon dont les gens la traite. Alors si les sujets tel que la sorcellerie et le diable ne sont plus d'actualité, le problème de fond, lui, le reste malheureusement. On va également faire face à la jalousie de Sylvinet qui n'accepte pas de "partager" son frère avec qui que ce soit.

J'ai eu beaucoup de mal avec ce personnage, Sylvinet était particulièrement fatiguant. Au départ sa façon de réagir est touchante, mais au bout d'un moment on a juste envie de le secouer un bon coup.
En revanche les personnages de  Landry et Fadette étaient vraiment très touchants. Leur histoire est très belle et tendre. Fadette, tout particulièrement, paraît manipulatrice et méchante mais on finit par se rendre compte que derrière celle que les gens veulent voir, il se cache une toute autre jeune fille.
J'ai beaucoup aimé le personnage du père de Landry également, qui nous surprend à la fin du livre.

La lecture des premières pages n'a pas été aisée, il y a des expressions datant du XIXè qui ne sont plus utilisées à ce jour. N'ayant pas lu de classique depuis longtemps, il faut réussir à s'y remettre. Mais ce n'est l'affaire que de quelques pages. Une fois passés quelques chapitres, il se lit très facilement ! En tout cas ce livre m'a permis de faire une petite pause très agréable dans mes lectures. Le classique n'est pas mon style de prédilection, aussi j'aurais bien du mal à en lire plusieurs d'affilée, mais un de temps en temps ça fait du bien !

13 juin 2017

Ninn, tome 2 : Les Grands Lointains

Attention, spoilers sur le premier tome

- J'en ai marre !
Marre de ce bled infernal !
Marre des géants psychotiques !
Des monstres volants ! Des décharges !
Je veux rentrer chez moi !
Tu m'entends ?!... Chez moi !
- Ninn !... Tu es chez toi.


Ninn, tome 2 : Les Grands Lointains

Ninn, tome 2 : Les Grands Lointains de Jean-Michel Darlot et Johan Pilet, 64 pages, Kennes, 2016

Mon avis : Dans ce deuxième tome des aventures de Ninn, Les grands Lointains, nous retrouvons avec plaisir Ninn, qui est partie à la recherche de ses origines avec le tigre de papier. Nous les retrouvons exactement là où nous les avions laissés à la fin du premier tome. Il s'agit d'une sorte de jungle dans laquelle ils vont devoir s'orienter tant bien que mal vers un point bien précis (mais là je n'en dis pas plus). Pour cela ils vont recevoir une aide inattendue et ils vont aussi devoir faire face aux multiples dangers de cette "jungle".

Comme sur le premier tome, les dessins sont vraiment très beaux, je dirais même encore plus beaux, puisqu'on découvre un décor totalement différent du métro et de Paris. Les couleurs sont magnifiques. C'est vraiment très agréable à parcourir.

J'ai beaucoup aimé les interactions entre Ninn et le tigre de papier. Le caractère de ce dernier est totalement décalé. Je suis complètement fan de lui. En même temps il me fait énormément penser à mon gros Moostik (le t-i-double-grou de gauche sur la bannière du blog). S'il pouvait parler, je l'imaginerais exactement comme le tigre de papier... Du coup je ne suis pas très objective...

On fait de belles découvertes sur ce deuxième tome, et en même temps on se pose de nouvelles questions, sur deux personnages en particulier : qui sont-ils vraiment ? d'où viennent-ils ? et que leur est-il arrivé (on a déjà la réponse pour l'un des deux) ? Il y a pas mal de passages assez drôles (on dit merci le tigre de papier). La planche finale laisse présager une suite qui arrivera rapidement je l'espère, à supposer qu'il y ait bel et bien une suite. On a encore beaucoup de chose à découvrir sur cet univers !

11 juin 2017

Hortense

Attention, mieux vaut éviter de lire le résumé de l'éditeur si on veut éviter trop de révélations... Je ferai une partie spoilers à la fin de la chronique. Comme d'habitude je préviendrai avant pour ne pas spoiler ceux qui n'ont pas encore lu le livre. J'ai beaucoup de questions donc la partie spoilers me semble incontournable.

1993 : Sophie Delalande est folle d’amour pour sa fille Hortense, presque trois ans, qu’elle élève seule. Celle-ci lui permet d’oublier les rapports difficiles qu’elle entretient avec le père de cette dernière, Sylvain, un homme violent qui l’a abandonnée alors qu’elle était enceinte et à qui elle refuse le droit de visite. Un jour, pourtant, Sylvain fait irruption chez elle et lui enlève Hortense. « Regarde-la. Nous allons disparaître et tu ne la reverras plus. »

2015 : après des années de recherches vaines, Sophie ne s’est jamais remise de la disparition d’Hortense. Fonctionnaire au ministère de l’Éducation, elle mène une existence morne et très solitaire. Jusqu’au soir où une jeune femme blonde la bouscule dans la rue. Sophie en est sûre, c’est sa fille, c’est Hortense. Elle la suit, l’observe sans relâche. Sans rien lui dire de leur lien de parenté, elle sympathise avec la jeune femme, prénommée Emmanuelle, tente d’en savoir plus sur elle. La relation qui se noue alors va vite devenir l’objet de bien des mystères. Sophie ne serait-elle pas la proie d’un délire psychotique qui lui fait prendre cette inconnue pour sa fille ? Et la jeune femme est-elle aussi innocente qu'elle le paraît ?




Hortense de Jacques Expert, 317 pages, Sonatine Éditions, 2016

Mon avis : En 1993, Hortense, 2 ans et demi, la fille de Sophie est enlevé par son père, Sylvain, qui les avait abandonné en découvrant que Sophie était enceinte. Elle va se démener pour retrouver sa fille, aidée par Isabelle, une amie proche qui travaillait dans la crèche où était inscrite Hortense. Elle avait tout tenter, du détective privé jusqu'à l'émission de télé pour retrouver la trace de Sylvain, et donc sa fille. Un jour, Sophie pense retrouver Hortense alors qu'elle devrait avoir 22 ans. Elle va tenter de se rapprocher d'elle au maximum pour lui révéler la vérité sur ses origines.

Dans Hortense de Jacques Expert, le décor est planté dès la première page. Il s'agit d'un thriller que je qualifierais de psychologique dans lequel on va alterner entre les évènements autour de la disparition d'Hortense, relatés par Sophie Delalande, et des dépositions par rapport à un évènement qui va se produire plusieurs années après cette disparition. La plume de l'auteur est très agréable à lire. Ce livre se lit tout seul, très facilement. On est loin des grandes descriptions. Ici tout ce qui compte ce sont les faits que ce soit lors des dépositions ou ceux qui sont narrés par Sophie.

Les personnages sont tous difficiles à cerner. De fait, on les voit avant tout à travers les yeux de Sophie, une mère qui souffre depuis des années et qui n'est peut-être plus très objective dans sa façon d'analyser les évènements et les personnes.
Sophie elle-même est "mystérieuse". Très rapidement les dépositions nous font comprendre qu'elle avait une personnalité très particulière.

Ce livre est un véritable page-turner. Si vous l'ouvrez vous ne pourrez plus le refermer. Toutes les hypothèses possibles et imaginables ont tourné dans ma tête. Certaines se sont révélées payantes mais ceci dit je ne croyais à aucune plus qu'à une autre, donc beaucoup de rebondissements pour ma part malgré tout. Et surtout j'étais loin de m'attendre à la fin de ce livre. Pour le coup on peut dire que l'auteur aura attendu la toute dernière minute pour révéler l'impensable. Mais beaucoup de questions restent en suspens et ça gâche un peu le tout. Je n'aime pas fermer un livre en ayant encore des questions sans réponse...

ATTENTION SPOILERS !!!!!!

Ma grande question : que s'est-il réellement passé le jour où Sophie pense que Sylvain a enlevé Hortense ? Je n'ai aucun doute sur le fait que quelqu'un, qui que ce soit, en pleine décompensation psychotique, ait pu mettre tout en scène, jusqu'à se blesser soi-même. Mais le gros point d'ombre : comment a-t-elle fait pour s'attacher toute seule à la chaise ?.... Ça je ne l'explique pas du tout... Si quelqu'un a une réponse, partagez ! (en précisant "spoilers" au début du commentaire ;-) ).
Autre question que je me pose : comment la police a pu passer à côté de ça ? J'aurais pensé qu'ils examineraient minutieusement tout l'appartement à la recherche d'indices... ou alors elle avait caché le corps d'Hortense ailleurs en attendant, mais où ? Dans un immeuble, ça doit pas être évident...
Enfin j'ai trouvé un peu dommage que l'auteur insiste autant sur certains détails dès le départ, notamment le fait que Sophie avait une relation un peu trop exclusive avec sa fille, ou encore sur le fait qu'il ne faut surtout pas entrer dans la chambre de la petite Hortense. J'ai vite deviner que quelque chose se cachait dans cette chambre (mais j'étais loin de m'attendre à ça).
Par ailleurs je me suis longtemps posé la question de savoir si Emmanuelle était vraiment Hortense ou pas. Et finalement j'ai eu la réponse trop tôt (même si c'était tard dans le livre, mais j'aurais préféré ne pas l'avoir), quand Sophie nous rapporte la scène où elle tue "Sylvain" et Isabelle, en précisant qu'elle n'a pas pris la peine de regarder les corps. Là c'était évident que ce n'était pas eux.
Et pour finir, je trouve un peu grosse, la coïncidence qui veut que, comme par hasard, la personne que Sophie va penser être sa fille, n'a pas connu sa mère et voit son père (qui ressemble un peu à Sylvain) sortir avec une femme nommée Isabelle...

FIN DES SPOILERS

Mais malgré tout ça j'ai adoré ce livre, j'ai été scotchée du début à la fin. Mais je ne peux pas mettre la note maximale à cause de ces questions qui restent sans la moindre réponse.

Si vous avez des théories, vraiment n'hésitez pas à m'en parler en commentaire. Je suis vraiment curieuse de savoir ce que vous en pensez et de partager avec vous toutes idées possibles. Pensez juste à préciser "spoilers" en début de commentaire par respect pour ceux qui ne l'ont pas encore lu.

08 juin 2017

La dernière licorne

Turquie, marché d'Igdir. Aman, la fillette kurde dont la famille est gardienne millénaire du mystère de l'Ararat, n'aurait pas dû accepter cette licorne en bois... Elle savait que c'était interdit.

Melbourne, Parlement mondial des religions. Un rapport secret est alarmant : les glaces du mont Ararat fondent inexorablement. L'« anomalie d'Ararat », cette forme détectée au coeur du glacier, est-elle « la » preuve que l'arche de Noé s'y est échouée comme le racontent la Torah, la Bible et le Coran ?

Arménie, Etchmiadzine. Quatorze mercenaires font irruption dans la cathédrale pour s'emparer d'une relique inestimable : un fragment de l'arche. Leur but : ne laisser aucun témoin. C'est le déclenchement d'une vague de meurtres aux quatre coins du monde.

Vatican, enfer de la Bibliothèque apostolique. Zak Ikabi, ethnologue et aventurier, a moins de trois minutes pour photographier l'original du sulfureux Livre d'Enoch. Quel secret, dont dépend l'avenir de toutes les religions, relie les mythes de l'arche, du Déluge et des licornes ?

Université de Toulouse-Le Mirail, laboratoire du DIRS. La glaciologue Cécile Serval se trouve nez à nez avec Zak, venu lui dérober son rapport secret. C'est le début d'une course qui nous emporte de l'Arménie au Vatican, du Nakhitchevan à Hong Kong... Pour s'achever sur les flancs de l'Ararat...

Là où la vérité dépasse l'imagination.




La dernière licorne de Tobby Rolland, 593 pages, Presses de la Cité, 2017

Mon avis : Tout d'abord je tiens à remercier les éditions Presses de la Cité et Babelio pour la lecture de ce thriller ésotérique.

Avec La dernière licorne, Tobby Rolland m'a permis de découvrir plus en profondeur tout ce qui peut graviter autour du mythe de l'arche de Noé, avec des personnages dynamiques et au caractère affirmé, le tout en nous faisant voyager un peu partout, en France, en Australie, au Vatican, en Arménie. Nous allons donc découvrir le personnage de Zak Ikabi qui fait des recherches sur l'arche de Noé. Dans cet objectif, il ne recule devant rien, allant jusqu'à s'introduire illégalement au Vatican. Mais il n'est pas le seul à faire ces recherches et tout le monde n'est pas très scrupuleux dans cette affaire. Zak va alors faire la connaissance de Cécile Serval, une scientifique ayant émis un rapport sur la glace du Mont Ararat. Il va alors tenter de l'emmener avec lui sur les traces de l'arche de Noé.

J'ai beaucoup aimé la plume de l'auteur. Le livre se lit très facilement. J'ai eu besoin de plus de concentration sur certains passages. Je suis totalement inculte par rapport au sujet de l'arche de Noé, donc j'avais quand même pas mal d'informations à engranger. Mais j'ai pris beaucoup de plaisir à découvrir tout ça. L'auteur n'est pas avare de description, sans en faire trop non plus. Je n'ai donc pas eu de mal à visualiser l'action et l'environnement des personnages.

Les personnages sont tous assez approfondis, même si le personnage de Zak reste assez longtemps mystérieux. D'ailleurs l'auteur essaie de semer le doute assez souvent : gentil ou méchant, j'avoue avoir eu des doutes par moment.
J'ai bien aimé le personnage de Cécile. Je me suis pas mal identifiée à elle dans le sens où elle a besoin de preuves pour croire à telle ou telle théorie. Elle peut paraître fatigante pour certaines personnes, mais étant du genre à vouloir des preuves concrètes, forcément je la comprends tout à fait.

L'intrigue est très bien menée. Je le disais plus haut, l'auteur aime jouer avec les personnages et jète régulièrement des doutes sur le camp auquel ils appartiennent réellement. Par ailleurs l'action est très bien menée également. Il n'y pas de temps mort. J'ai juste eu l'impression au milieu du livre que ça commençait peut-être à s'essouffler un peu avec un schéma assez répétitif. Mais très rapidement l'auteur a su casser ce schéma pour entrer dans une phase avec plus de surprises et de rebondissements. J'ai vu venir quelques petites choses mais pas énormément et ça n'a absolument pas gâché ma lecture. En revanche j'ai eu le sentiment que le final était trop rapide. Je n'irai pas jusqu'à dire trop simple mais j'aurais préféré plus d'action notamment.

Par contre j'ai totalement buggé avec la révélation finale sur l'arche de Noé... J'ai beau être fan du genre, je ne m'attendais tellement pas à ce que l'auteur prenne ce chemin que je me suis demandé d'où ça venait. Et finalement la fan du genre en question est revenue au grand galop et s'est dit "ben oui pourquoi pas après tout...". Je pense que c'est plus dans la façon dont ça a été amené que j'ai eu du mal : absolument rien ne laissait entendre qu'on allait sur ce terrain. Mais je suis peut-être passée à côté d'indices laissés par l'auteur ceci dit.

La dernière licorne de Tobby Rolland s'est laissé littéralement dévorer en 3 jours. Une lecture haletante, sans temps mort, qui surprend plus d'une fois, et à vrai dire quand c'est fini on en veut encore !

31 mai 2017

Bilan du mois de la Fantasy


Bonjour à tous ! Je suis très peu présente sur le blog ces derniers temps, mais ça ne m'a pas empêché de lire. Ceci dit j'ai quand même eu une méchante panne de lecture quand j'étais sur les deux premiers tomes du Soldat chamane de Robin Hobb. J'ai eu énormément de mal à rentrer dans l'histoire. Là-dessus je suis partie en formation sur Paris, puis les congés pendant une semaine... J'ai fonctionné au ralenti.

Ce mois-ci c'était le mois de la Fantasy organisé par Stéphanie de la chaîne Pikiti bouquine. Pour rappel ma PàL était assez conséquente puisque je m'étais inscrite dans la catégorie des dévoreurs. Avec une panne lecture, c'était pas gagné... Sans plus tarder, voici les livres que j'ai lu ce mois-ci :





J'ai commencé avec Biblical de Christopher Galt qui a été une lecture excellente mais un peu frustrante sur la fin. Ce n'est pas de la Fantasy mais de la science-fiction. J'avais reçu ce livre de la part des éditions Bragelonne dans le cadre d'une des dernières éditions de Masse Critique, du coup j'ai fait en sorte de le lire rapidement. Ensuite je me suis plongée dans La Cité de Stella Gemmell que j'ai adoré malgré certaines longueurs.
Et là, la panne de lecture est arrivée avec Le soldat chamane, tomes 1 et 2 : La déchirure et Le cavalier rêveur de Robin Hobb. Je le disais plus haut, j'ai eu beaucoup de mal à accrocher à l'histoire, même si ça devient plus intéressant dans le tome 2 mais je vous en dirai plus dans une chronique... quand j'aurais le courage de la faire... et oui je sais j'ai énormément de retard puisqu'il y en a encore 4 qui attendent du mois de mars, et 6 pour le mois de mai... En même temps avec le temps qu'il a fait, me mettre devant l'ordi alors que le bureau est sous les combles avec plus de 30°C... c'était juste pas envisageable... (toutes les excuses sont bonnes à prendre :-D).
Sinon histoire de me sortir de cette morosité niveau lecture, j'ai changé de registre et j'ai opté pour la BD Les enquêtes d'Enola Holmes, tome 1 : La double disparition de Serena Blasco d'après le roman de Nancy Springer. J'ai passé un très bon moment avec cette BD et j'ai hâte de découvrir la suite. Je me suis attaquée à L'Œuf de Dragon de George R. R. Martin que j'ai dévoré en une matinée (fin de la panne de lecture officielle). J'ai eu un petit peu plus de mal avec Fäerie de J.R.R. Tolkien dans lequel on va retrouver 3 petites histoires qui font un peu penser à des contes, c'était sympa à lire et ensuite une partie plutôt "exposé" sur la féérie, les contes de fées tout ça, tout ça... et là j'ai eu du mal, mais encore une fois je vous en parlerai plus longuement en chronique.
Le premier tome de Féérie : La fille qui navigua autour de Féérie dans un bateau construit de ses propres mains a été une très agréable découverte. Le livre est superbe avec de très belles illustrations en début de chapitres et l'histoire est vraiment sympa. Et là je suis en train de terminer Chroniques du chevalier errant de George R. R. Martin, il me reste 100 pages donc ce sera bon pour ce soir.

Avec tout ça il reste un livre de la PàLM qui n'est pas lu, il s'agit des Enfants de Húrin de J. R. R. Tolkien. Je pensais avoir loupé le challenge à un livre près et en fait non. Je ne sais pas comment j'ai fait mon compte mais j'avais prévu un livre de trop... Donc c'est tout bon, les 7 livres sont lus dont 6 de Fantasy adulte. Dans tous les cas même si j'avais loupé ce challenge, ça n'aurait pas été bien grave. J'ai pris beaucoup de plaisir avec toutes ces lectures, c'est tout ce qui compte !

Et pour finir petit message à Stéphanie, si tu passes par là, un grand merci pour ce challenge et tous les concours que tu as organisés tout au long du mois. Je ne doute pas que ça a du te prendre énormément de temps de gérer tout ça ! Donc juste, MERCI !

Je vous dis à demain pour la PàLM de juin ;-)

17 mai 2017

La Cité, tome 1

Construite sur des milliers d'années, faite d'une multitude de niveaux, la Cité est aussi vaste qu'ancienne. Au fil des siècles, elle s'est étendue au-delà de ses remparts, menaçant sans cesse les royaumes voisins. Au cœur de la Cité réside le sanguinaire Empereur, dont le visage reste un mystère et que la mort même semble craindre : certains vont jusqu'à douter de son humanité.
Une poignée de rebelles espérant mettre fin à ce règne de terreur placent leurs espoirs en un seul homme, dont le nom sonne comme une légende : Shuskara. Celui qui fut autrefois le général favori de l'Empereur. Un homme respecté, capable de provoquer un soulèvement et d'unir la Cité. Mais aussi un criminel trahi, emprisonné et torturé avant de disparaître...




La Cité, tome 1 de Stella Gemmell, 575 pages, Bragelonne, 2013

Mon avis : Avec La Cité de Stella Gemmell, nous allons suivre l'histoire de plusieurs protagonistes qui, d'une façon ou d'une autre, sont liés, et dont l'avenir va finir par se rejoindre. Certains des personnages viennent des tunnels sous la Cité, monde particulièrement dangereux où les eaux peuvent vous engloutir en quelques secondes. C'est le cas notamment d'Elija et Emly, frère et sœur. D'autres comme Bartellus, considéré comme un traitre aux yeux de la Cité, s'y sont retrouvés contraints. Et il y a le monde extérieur, où une guerre fait rage, visant à éliminer l'Empereur.

La plume de l'auteure est agréable à lire, toutefois j'ai trouvé qu'il y avait des longueurs, en particulier dans les premières parties. Notamment, je déplore trop de batailles et trop de détails de ces batailles. Alors certes elles sont importantes et nécessaires, mais ce n'était pas forcément utile d'insister autant dessus. En revanche l'auteure a vraiment construit un monde très riche et qui, je n'en doute pas, promet encore de nombreuses surprises dans le deuxième tome. Le décor de la Cité (je parle bien de la Cité et non des tunnels) fait rêver. J'aurais aimé une illustration du gulon, un animal rare, bien que j'en ai une vision qui me convient plutôt bien.

On croise le chemin de nombreux personnages. Tous sont attachants à leur façon. Chacun a son histoire qui lui est propre. L'auteure fouille vraiment le passé et la personnalité de chacun d'entre eux... ou presque. Je trouve un peu dommage qu'elle ait peu insisté sur le personnage d'Elija qui est mis en avant au départ pour finalement devenir très secondaire.

Nous ne sommes pas épargnés niveau rebondissements. L'orientation prise par l'énigme est surprenante mais dans le bon sens. Pour ma part j'en suis arrivée à me poser des questions sur certains personnages : certains vont-ils trahir leurs compagnons ? L'auteure elle-même pose la question à un moment d'une certaine façon. Aussi le final est loin d'être prévisible : qui va gagner ? qui va survivre ?... tout est possible ! J'avoue me poser une question sur le final, il y a peut-être un détail que je n'ai pas bien compris, mais je vais farfouiller pour avoir ma réponse, sinon je l'aurai peut-être dans le deuxième tome si c'est un point laissé en suspens exprès par l'auteure.

La Cité de Stella Gemmell a donc été une très bonne lecture malgré des longueurs dans les premières parties. J'ai hâte de découvrir le deuxième tome.

13 mai 2017

Biblical

Une vague d’hallucinations balaie le monde : visions, spectres, flashbacks... Il s’agit d'abord d’ombres distinguées du coin de l’œil ou d’aperçus d'êtres chers depuis longtemps disparus. Mais peu à peu, ces manifestations se font plus saisissantes. Plus terrifiantes. Une adolescente française assiste à l'exécution de Jeanne d'Arc. Un jeune Hollandais prend part à un raid viking. Une Bostonienne se perd dans une jungle préhistorique...
Alors que ces phénomènes prennent une tournure réellement apocalyptique, seul un homme est en mesure de soupçonner la vérité. Mais ce que découvre le psychiatre John Macbeth dépasse de loin les frontières de la religion ou de la science. Et cela pourrait lui coûter sa raison comme sa vie...




Biblical de Christopher Galt, 429 pages, Bragelonne, 2017

Mon avis : Tout d'abord je tiens à remercier chaudement les éditions Bragelonne et Babelio pour cette lecture que j'ai grandement appréciée. Il m'aura fallu une semaine pour réussir à me poser pour écrire cette chronique. Et encore c'est parce que quand faut y aller, faut y aller ! J'ai beaucoup de mal à mettre des mots sur cette lecture. C'est le premier livre du genre que je lis et j'ai adoré, mais la fin est frustrante (à défaut d'un mot plus adéquat). Je ferai une partie spoilers à la fin pour expliquer ce sentiment de frustration sur le final : je serai incapable de développer cet aspect sans faire de révélations.

Avec Biblical, Christopher Galt va nous plonger dans le monde tel que nous le connaissons mais où un phénomène d'hallucinations va peu à peu prendre le pas sur la vie des gens. Au début ça commence par une poignée de personnes, à tel point que ça passe totalement inaperçu, puis peu à peu de plus en plus de personnes vont être concernées par cette problématique, ce qui va déclencher notamment des accidents de la route. Certaines personnes vont même se retrouver propulsées par ces "visions" dans des époques totalement différentes, jusqu'à la préhistoire. Ces phénomènes vont toucher n'importe qui aux 4 coins de la planète. Toutes sortes de théories vont émerger pour expliquer ce phénomène, mais c'est en suivant John Macbeth, psychiatre, qu'on va découvrir le fin mot de l'histoire.

J'ai particulièrement apprécié la plume de l'auteur qui est riche sans être lourde. Les descriptions sont parfaitement dosées, ni trop ni pas assez. J'ai lu ce livre très rapidement. C'est seulement sur les 100 dernières pages à peu près que j'ai commencé à réduire la cadence, avec une énigme qui devient de plus en plus complexe et surtout des termes et des mouvements de pensée qui sont abordés que je ne connaissais pas. Ça m'a donc demandé plus d'attention mais dans le sens positif. J'ai pris vraiment beaucoup de plaisir à découvrir tout ça.

Le récit se concentre avant tout sur le personnage de John Macbeth qui est assez complexe. On va très vite découvrir que lui-même connaît des évènements psychiques particuliers depuis l'enfance. On s'attache rapidement à ce personnage.
Pour le reste, on n'a pas vraiment le temps de s'y attacher. Et surtout j'ai été déçue par rapport au personnage de Josh Hoberman, lui-même psychiatre, qui est totalement sous-utilisé. Je n'ai pas trop compris son intérêt.

Du point de vue de l'énigme en tant que telle, l'auteur passe beaucoup de temps à la mettre en place. Peut-être un peu trop : je pense notamment aux hallucinations relatives à d'autres époques. Au bout d'un moment on avait bien compris, et ce n'était peut-être pas nécessaire d'en ajouter encore et encore mais j'ai pris tellement de plaisir avec les descriptions que pour ma part, ça ne m'a pas dérangée. Tout va vraiment se jouer dans les 100 dernières pages, sur lesquelles on a vraiment intérêt à s'accrocher et rester concentré. On finit par comprendre où l'auteur nous emmène globalement, sur quelle théorie. Mais je n'avais pas vu jusqu'où il allait pousser les choses, et au final je suis restée scotchée.... et frustrée, sans que ce soit pour autant négatif.

Biblical est donc un roman que j'ai dévoré, adoré, qui me donne envie d'en découvrir plus dans ce genre.

Attention SPOILERS !

Frustrée pourquoi ? Parce qu'on se rend compte qu'on a été berné du début à la fin et que tous les personnages qu'on a croisés ne sont pas réels. Frustrant aussi, parce que si j'ai bien compris la fin : le monde qui effectue les simulations par rapport à John Macbeth est en fait lui-même une simulation... Ça va jusqu'où comme ça ?

08 mai 2017

Bilan avril 2017


Bonjour à tous ! Avec un peu de retard, il est temps de faire le point sur le mois d'avril qui vient de s'écouler. Un mois d'avril qui ne s'est pas terminé de la meilleure des façons en ce qui me concerne, avec la fin de quelque chose que j'aurais vraiment aimé voir finir autrement... je m'efforce de voir le côté positif des choses en me disant que je peux arrêter de me torturer l'esprit et tourner la page, mais ce n'est pas forcément ce qu'il y a de plus facile. J'ai arrêté de me torturer le cerveau, ça oui, mais ça n'en reste pas moins difficile...

À part ça rien de bien extraordinaire. Après de longues hésitations j'ai décidé d'aller aux Imaginales... pour me rendre compte que l'année prochaine il faudra que je me décide beaucoup plus tôt histoire de trouver de quoi dormir la nuit... Donc pas d'Imaginales ! Dans le genre la fille qui a désespérément besoin de se changer les idées mais le sort est contre elle... Ah mais je vous ai pas dit, en début de mois j'ai décidé de passer à 80% en temps de travail, histoire d'avoir une journée pour bosser ma thèse sinon je crois que je n'y arriverai jamais. Et donc ça commence là au mois de mai... et quand tu regardes ton planning, tu te rends compte que le mois de mai avec tous ses jours fériés c'était pas l'idéal pour commencer ça ^^

Mais passons aux réjouissances : mes lectures. J'ai lu 7 livres. Finalement je n'ai pas participé au week-end à 1000 puisque je suis partie dans ma famille avec trois monstres de presque 3 ans à 9 ans... inutile de se lancer sur un challenge qu'on sait perdu d'avance !


J'ai commencé avec Petits meurtres entre voisins de Saskia Noort, un thriller sympathique mais pas follichon non plus. Seul le silence, thriller de R. J. Ellory a été un énorme coup de cœur, ce livre est bouleversant. J'ai clôturé la saga Miss Peregrine et les enfants particuliers avec le tome 3 : La Bibliothèque des âmes de Ransom Riggs, globalement je conserverai une bonne impression de cette saga même si la fin est loin d'être parfaite.  J'ai passé un excellent moment avec le thriller Toute cette haine de Gilles Walkowiak. La lecture d'Apnée noire de Claire Favan était un peu moins prenante, avec une première partie trop longuette à mon goût. Le roman de Fantasy Un pont sur la brume de Kij Johnson a été plutôt frustrant avec beaucoup de questions en suspens. Et enfin j'ai découvert l'auteur Rod Marty avec son roman fantastique Les Enfants de Peakwood, qui ne m'a absolument pas convaincue.

N'hésitez pas à me dire si vous avez lu un de ces livres et ce que vous en avez pensé. Et surtout si vous avez une suggestion lecture à me faire, je suis preneuse !

Bonnes lectures à tous !

04 mai 2017

Les Enfants de Peakwood

Quels sont ces étranges maux qui affligent les habitants de Peakwood, petite ville du Montana, USA ? D'où viennent les blessures qui apparaissent sur le corps de certains de ses habitants ? Pourquoi d’autres commencent-ils à agir étrangement ?
Seuls Chayton, le médecin de la ville, et son père, vieux chaman au savoir ancestral, savent reconnaître les signes. Le bouleversement qui approche. Quelque chose en lien avec un accident qui n’aurait jamais dû avoir lieu, dix ans plus tôt. Un secret dont ils ont juré de ne jamais reparler...
Félicitations, la mort vous offre une seconde chance...




Les Enfants de Peakwood de Rod Marty, 383 pages, Scrineo, 2017

Mon avis : Tout commence avec un accident entre un bus scolaire et un autre véhicule sur la route. Dévasté face à la mort de sa fille, Chayton, médecin, va faire appel à son père qui est chaman pour sauver les victimes de l'accident. Dix ans plus tard, des évènements étranges commencent à se produire. Certaines personnes agissent de façon inhabituelle, d'autres vont voir apparaître des blessures sans la moindre raison.

De façon générale, la plume de l'auteur est agréable à lire. Néanmoins j'ai trouvé qu'il y avait beaucoup de longueurs dans ce livre. J'ai eu énormément de mal à m'immerger dans l'histoire.

J'ai eu du mal à m'y retrouver avec les personnages. Il y en a beaucoup trop. On s'y perd très rapidement. Par ailleurs je n'ai pas réussi à m'attacher aux personnages. Je les ai tous trouver trop classiques voire trop cliché. L'évolution de chacun d'entre eux m'a parue très prévisible.

Concernant l'énigme... certes je n'ai pas deviné qui exactement était à l'origine du problème. Pour autant je n'ai pas été surprise plus que ça quand on l'a appris. Le problème global était évident, c'était cousu de fil de blanc. Là encore on est dans le cliché absolu. On voit venir les évènements à 15km. Du début à la fin je n'ai pas été surprise une seule fois.

Ce n'est donc pas une lecture mémorable pour moi. J'ai été très tentée de fermer le livre avant d'arriver à la fin. Mais j'ai voulu faire l'effort d'aller jusqu'au bout sachant que je le lisais en lecture commune avec le PataClub. Du reste je savais qu'il avait beaucoup d'avis positifs donc j'attendais le moment où je verrais les choses sous un autre angle. Malheureusement ce moment n'est jamais arrivé...

01 mai 2017

Book Jar and others #10 (spécial Fantasy)


Bonjour à tous ! Comme chaque mois, voici venu le temps du tirage au sort Book Jar et de la PàLM. Je vous le disais la semaine dernière, ce mois-ci est particulier puisque je vais participer au mois de la Fantasy organisé par Pikiti.

Pour l'occasion j'ai donc préparer une Book Jar spéciale... dans une de mes tasses préférées ! Et bien évidemment c'est l'un des plus gros qui en est sorti puisqu'il s'agit de La Cité de Stella Gemmell.



Je vais également me lancer dans la lecture des deux premiers tomes du Soldat chamane de Robin Hobb. Je n'ai pas envie de tous les lire à la suite pour éviter l'overdose, mais je préfère malgré tout les regrouper selon le découpage initial de l'œuvre de Robin Hobb et non selon le découpage des éditions Pygmalion. Je ne sais pas encore si je ferai une chronique pour les deux ou une chronique groupée. Tout dépendra de ce que j'aurais à dire sur le premier je pense.
Sont également prévus au programme La fille qui navigua autour de Féérie dans un bateau construit de ses propres mains de Catherynne M. Valente, L'œuf de dragon et Chroniques du chevalier errant de George R. R. Martin, et Faërie et Les enfants de Húrin de J. R. R. Tolkien.



Voici donc un mois de mai qui s'annonce très riche en lectures. J'ai hâte de dévorer tout ça, mais avant je vais terminer Biblical de Christopher Galt, que j'ai reçu samedi de la part des éditions Bragelonne, pour une opération Masse Critique sur Babelio. Je l'ai commencé hier, je suis à fond dedans !

Bonnes lectures à tous !

28 avril 2017

Apnée noire

« Vêtue d’un pyjama en satin écru, la jeune femme repose dans une baignoire remplie, en position de foetus inversé. Ses mains et ses chevilles sont étroitement liées derrière son dos et elle flotte encore avec un soupçon de grâce. »
À Columbia, sur la côte est des Etats-Unis, c’est la scène macabre que découvre le lieutenant Sandino. Officier intègre, c’est aussi un homme brisé depuis la disparition de sa famille.
Pour mener cette enquête, il doit collaborer avec Megan Halliwell, l’agent du FBI qui a permis l’année précédente l’arrestation de Vernon Chester, un tueur psychopathe qui vient d’être exécuté. Très vite pourtant, il apparaît que ce dernier meurtre présente des ressemblances troublantes avec les crimes commis par Chester. Comment est-ce possible ? Tandis que Megan n’ose imaginer le pire, une erreur judiciaire, Sandino se concentre sur certaines incohérences. De discordes en silences la relation des deux policiers évolue, alors que chaque jour le tueur semble se rapprocher d’eux, omniprésent et insaisissable…




Apnée noire de Claire Favan, 382 pages, Éditions du Toucan, 2014

Mon avis : Vince Sandino a tragiquement perdu sa famille dans un braquage qui a très mal tourné. Quelques mois plus tard, il est devenu une épave, alcoolisé du matin au soir... Seul au bureau de police il va répondre à un appel signalant un meurtre. Il va ainsi découvrir le cadavre d'une femme dans une baignoire dont les pieds et les mains ont été attachés avec de la corde bleue. Megan Halliwell du FBI va lui apprendre qu'il s'agit du énième meurtre d'un tueur en série... le problème... est qu'il a été exécuté quelques mois plus tôt...

On avait prévu de lire ce livre en lecture commune avec Pikiti. De son côté elle n'a pas réussi à rentrer dans l'histoire. Pour ma part, j'ai eu beaucoup de mal au départ avec des personnages qui donnaient trop dans le cliché : Vince qui a perdu sa famille, alcoolique notoire, incapable de s'en sortir, qui enchaîne les erreurs... Megan qui est entièrement dévouée à son travail, personnage bien torturé, mais on ignore pourquoi exactement, ce n'est qu'assez tardivement qu'on finit par comprendre. L'évolution des personnages à moyen terme était trop prévisible.

L'énigme a énormément piétiné pendant la première moitié du livre. L'enquête était plutôt mise de côté histoire de s'attarder sur l'erreur de Megan : si les meurtres se poursuivent alors que le coupable, qu'elle a fait arrêter, a été exécuté, c'est qu'il était innocent... et pourtant il a été pris la main dans le sac... Aussi on s'attarde beaucoup sur son ressenti face à cette potentielle erreur. L'auteure va alors nous emmener sur un terrain inattendu mais qui sonnait aussi cliché que les personnages. J'adore le genre de thrillers en question, mais là, ça sonnait complètement faux. J'avais juste envie de secouer le personnage de Megan et lui dire "eh oh, la réponse, rationnelle, à toutes les questions est pourtant évidente, ouvre les yeux !".

Je n'ai vraiment pas été loin de fermer le livre. Et d'un coup d'un seul, gros retournement de situation aussi bien du point de vue de l'énigme, que du point de vue des personnages (un peu trop sur un point en particulier concernant Vince, mais bon, je pardonne ce point là à l'auteur). Certains passages restent agaçants malgré tout, en particulier avec Megan. À partir de ce moment-là, je n'ai plus été capable de lâcher le livre. Il est dommage qu'il ait fallu attendre la moitié du livre pour en arriver là. On va enfin entrer dans une enquête digne de ce nom avec beaucoup de révélations. Au final l'auteure m'a bien surprise, sans aller jusqu'à dire qu'elle m'a totalement bluffée (si j'ignorais qui était le tueur, j'avais deviné l'idée générale).

27 avril 2017

Un pont sur la brume

Kit Meinem d’Atyar est peut-être le plus doué des architectes de l’Empire. Peut-être… et tant mieux. Car il lui faudra convoquer toutes ses compétences, l’ensemble de son savoir pour mener à bien la plus fabuleuse qui soit, l’œuvre d’une vie: un pont sur le fleuve de brume qui de tout temps a coupé l’Empire en deux. Un ouvrage d’art de quatre cent mètres au-dessus de l’incommensurable, cette brume mortelle, insondable, corrosive et peuplée par les Géants, des créatures indicibles dont on ne sait qu’une chose : leur extrême dangerosité…
Par-delà le pont… l’abîme, et pour Kit une aventure humaine exceptionnelle.



Un pont sur la brume de Kij Johnson, 124 pages, Le Bélial', 2016

Mon avis : Dans Un pont sur la brume, on va découvrir Kit qui a été chargé de mener à bien les travaux de construction d'un pont. Ce pont a pour but ultime de permettre la communication entre deux parties de l'Empire qui a été scindé en deux par une brume. Cette brume est particulièrement dangereuse. Je pense qu'on pourrait la comparer à de l'acide. Jusqu'à maintenant, le seul moyen de rallier les deux côtés de l'empire était par barque, avec tous les risques qui y étaient attenants.

J'avais été très intriguée par la couverture que je trouve vraiment très belle. Autrement dit c'était vraiment un achat "craquage". Finalement, je me sens franchement frustrée en sortant de cette lecture. On va suivre la construction du pont, pas dans les détails mais plutôt dans l'aspect relationnel relatif à ce projet. C'est intéressant de voir comment les habitants des deux rives vont travailler de concert pour mener ce projet à bien, d'assister aux aléas des travaux notamment avec les risques d'accident et comment la population va y réagir. Mais, on ne fait qu'apercevoir le monde que l'auteur évoque. On se pose beaucoup de questions sur l'Empire en général, mais aussi et surtout sur la brume : ce qu'elle est, son origine, les créatures qui y circulent... mais on n'a aucune réponse...

En revanche, les personnages, en particulier Kit et Rasali (qui va l'aider pour le transport d'une rive à l'autre en l'absence du pont) sont rapidement attachants et ce malgré le peu de pages. Par ailleurs la plume de l'auteur est vraiment très agréable.

Je n'ai pas grand chose à dire sur ce livre, à part que oui je suis frustrée par cette lecture qui nous présente un univers qu'on ne fait qu'effleurer.

25 avril 2017

Toute cette haine

Un tueur en série terrorise les Lillois. Il viole, mutile, éventre les femmes qu’il attrape. Sa signature ? Un mystérieux chiffre tracé avec le sang de ses victimes. En charge de l’enquête, l’inspecteur Dallaglio pense avoir démasqué le meurtrier. Mais le psychopathe accomplit un dernier coup d’éclat : il s’attaque à la famille du policier. Dallaglio sombre alors dans une profonde dépression. Cinq ans plus tard, une nouvelle vague de crimes fait trembler la ville. Surnommé Hitchcock par les médias, le tueur réclame un nom : celui de Dallaglio. L’inspecteur espère pouvoir arrêter cette folie meurtrière. Mais aussi réussir là où il a échoué dans le passé. Porté par sa soif de revanche, il traque sans relâche l’assassin. Et découvre une terrible machination.



Toute cette haine de Gilles Walkowiak, 285 pages, Ravet-Anceau, 2016

Mon avis : Avec Toute cette haine, Gilles Walkowiak nous plonge dans un thriller bien sanglant. On va faire connaissance avec l'inspecteur Dallaglio, sur les traces d'un tueur en série qui laisse des chiffres à côté de chacune de ses victimes, toutes des femmes. Malheureusement, on comprend très vite que le tueur va s'en prendre à la famille de Dallaglio. Suite à ces évènements il va partir sur Paris et devenir un homme radicalement différent, aussi bien dans la vie privée que dans le travail. On le retrouve alors 5 ans plus tard, alors qu'un nouveau tueur en série sévit dans le Nord, qui laisse lui aussi des messages codés. On va donc demander à Dallaglio de venir faire la lumière sur ces évènements.

J'ai vraiment aimé la plume de l'auteur. Ce livre se lit très facilement. Ceci dit certains passages peuvent être durs à lire pour certaines personnes : il ne nous épargne pas avec les descriptions des scènes de crime, nous plongeant ainsi complètement dans l'horreur et la psychose qui règne autour de ces meurtres en séries.

Les personnages principaux sont très vite attachants, en particulier Dallaglio de part ce qu'il a pu vivre avec la première enquête.
En revanche, les personnages secondaires ne sont pas très développés. Mais ce n'est pas quelque chose qui m'a dérangée sur ce livre puisque l'auteur va énormément axer le récit sur Dallaglio, sa psychologie, sa façon de vivre les choses. Il est vraiment le personnage central de ce livre.

L'énigme est vraiment prenante. Sur le coup j'ai été un peu déstabilisée quand le meurtrier de la première série a été arrêté : je me suis dit "ah... déjà...", fatalement je me demandais un peu où l'auteur allait en venir après. Finalement je n'ai pas été déçue une seule seconde. J'avais deviné l'élément crucial de l'énigme, mais à peine quelques pages avant que l'auteur ne nous le fasse sous-entendre. Ça n'a donc pas gâché ma lecture pour autant. Ce que j'ai vraiment aimé c'est ce focus sur la psychologie de Dallaglio, ses réactions au fil des évènements. Jusqu'au bout on se demande s'il va réussir à se sortir de cette enquête, et dans quel état il va en sortir...

Toute cette haine est donc pour moi un excellent thriller que j'ai été incapable de lâcher une fois ouvert !

23 avril 2017

Le mois de la Fantasy

Bonjour à tous en cette fin de week-end, l'occasion pour moi de vous parler du mois de la Fantasy organisé par Stéphanie de la chaîne Pikiti bouquine. Il s'agit d'un challenge qui va s'étaler sur tout le mois de mai, le but étant de lire uniquement de la Fantasy. Trois groupes ont été créés :

  • les grignoteurs : lire au moins 3 livres de Fantasy dont 1 adulte
  • les modérés : 5 livres de Fantasy dont 2 adultes
  • les dévoreurs : 7 livres de Fantasy dont 3 adultes



Pour ma part j'ai visé haut puisque j'ai décidé de tenter le challenge des dévoreurs ! Si vous voulez plus d'info vous trouverez la vidéo de Pikiti ici et la page Facebook du groupe ici.

Pour ma part j'ai vraiment hâte de participer à ce challenge. J'ai un retard faramineux à rattraper en Fantasy ! J'aurais vraiment aimé pouvoir aller aux Imaginales. Je n'ai encore jamais fait de salon et j'avoue que l'envie se fait de plus en plus pressante, aussi bien pour les auteurs, les livres, que les blogueurs/booktubeurs. Mais le temps que je me décide une bonne fois pour toute, il était un peu trop tard, avec des hôtels tous pris d'assaut...

Je ne partage pas avec vous ma PàLM de suite, sinon mon traditionnel article du 1er de chaque mois perdrait cruellement d'intérêt, mais ça va être varié !

22 avril 2017

Notre châtaigne

« Plus de quatre ans d’attente. 8 mois de prise de température. Une hystérographie. Une centaine de prise de sang. 6 cycles de traitements oraux. Des dizaines d’échographie. Une cœlioscopie. 85 piqûres de stimulant. Quatre inséminations. Une presque FIV. Une vraie. Une presque hyperstimulation. Une vraie. Une réimplantation. Deux ponctions. Des millions de questionnements. Des milliards de larmes.
Et, tout à coup, tout cela disparaît. »

Je vous livre ici notre combat pour devenir parents, en toute intimité et sans tabou, des diagnostics à la conception particulière de notre enfant. Ces années où avoir notre bébé est devenu notre obsession, à n’importe quel prix.
Une aventure en PMA, connue de tous, et vécue par de plus en plus de couples. Afin de tenter qu’ils se sentent moins seuls, de les encourager, et de les aider à y croire, encore et toujours.




Notre châtaigne de Celufa, 56 pages, Les Éditions du Net, 2016

Mon avis : Notre châtaigne est un témoignage, celui d'un parcours dans le monde de la PMA (Procréation Médicale Assistée) d'une jeune femme qui s'est battue pour donner naissance à son enfant. Ce témoignage est fait en toute simplicité, en témoigne le faible nombre de pages. Mais il retrace des émotions à l'état brut et c'est ce qui en fait en récit si poignant sur lequel j'ai fini par pleurer. Un récit qui est là aussi pour montrer que les étapes rencontrées sont difficiles, mais c'est possible malgré tout (même si malheureusement pour certains couples rien n'y fait).

Je ne vais pas le cacher, il y a quelques fautes d'orthographe qui passent difficilement inaperçues dans un si court ouvrage. Bien évidemment, il n'y en a pas à chaque page non plus, mais forcément les grands lecteurs comme moi détectent vite ce genre de détails. Toutefois ces quelques erreurs, loin d'être catastrophiques, n'entachent en rien la lecture de ce récit ni les émotions qu'il véhicule. L'orthographe n'est clairement pas ce qui compte le plus sur un témoignage.

Je le disais plus haut, j'ai pleuré sur ce récit. L'auteure retrace tout son parcours depuis l'instant où elle va apprendre que concevoir va être pour elle un chemin laborieux jusqu'à sa grossesse. À chacune des étapes qui ont marqué ce chemin elle nous décrit les différents examens et traitements auxquels elle a dû faire face et les émotions qu'elle a ressenties à chacun de ces moments. Le tout est livré sans détour, sans faux-semblant.

De par ma profession je n'ai pu m'empêcher de voir les choses sous l'aspect médical. Même si l'auteure exprime clairement l'absence de volonté de critiquer le corps médical dans son avant-propos (et on sent bien quand on lit son témoignage que ce n'est effectivement pas son but), je n'ai pu m'empêcher de retrouver beaucoup de choses qui m'ont fait bondir au quotidien quand j'étais en structure de soins : des résultats d'examens reçus à domicile sans la moindre explication, une absence d'empathie (pas toujours mais trop souvent malgré tout), des explications évasives... toutes ces choses qui m'ont fait choisir de quitter la médecine de soin, et qui, je n'en doute pas une seule seconde, ne peuvent qu'accentuer la douleur des femmes et couples dans cette situation.

Je serai bien incapable de donner une note à cet ouvrage. Pour commencer je ne suis absolument pas concernée par cette situation, donc je me vois mal juger de l'aide qu'il peut apporter. Toutefois les nombreux commentaires que j'ai pu lire sur la page Facebook du livre sont très positifs, aussi je ne peux que conseiller aux femmes qui passent par la PMA de le lire. Par ailleurs mettre une note signifierait que j'ai aimé... difficile de dire que j'ai aimé puisque ça impliquerait que j'ai été divertie par un témoignage, ce serait parfaitement déplacé. Alors non je n'ai pas aimé : j'ai été bouleversée par ce récit qui livre un parcours et des sentiments poignants du début à la fin.

19 avril 2017

Miss Peregrine et les enfants particuliers, tome 3 : La Bibliothèque des âmes

Attention, spoilers sur les 2 premiers tomes !

Dans le Londres d'aujourd'hui, Jacob Portman et Emma Bloom se lancent à la recherche de leurs amis enlevés par les Estres. Ils retrouvent leur trace grâce au flair aiguisé d'Addison, l'illustre chien particulier doué de parole.

Bientôt, au bord de la Tamise, ils font la connaissance de Sharon, un géant bourru qui, moyennant une pièce d'or, propose de leur faire traverser le fleuve. Ils rejoignent ainsi l'Arpent du Diable, une boucle temporelle à la réputation effroyable où séjournent les particuliers les moins recommandables, où pirates et malfaiteurs commettent leurs forfaits en toute impunité. Jacob et Emma ne se sont pas trompés : l'ennemi a bien établi son QG dans l'Arpent, derrière les murs d'une forteresse imprenable...




Miss Peregrine et les enfants particuliers, tome 3 : La Bibliothèque des âmes de Ransom Riggs, 582 pages, Bayard Éditions, 2016

Mon avis : Dans ce dernier tome nous retrouvons Emma, Jacob et Addison tentant d'échapper aux Estres tout en essayant de retrouver leurs compagnons qui ont été faits prisonniers. Pour cela ils vont faire la rencontre de Sharon qui va les emmener jusqu'à l'Arpent du Diable, une boucle emplie de misère et où ils vont découvrir une drogue très particulière appelée l'ambro. Ils vont également faire la connaissance de Bentham, un particulier qui souhaite mettre fin aux agissements de Caul, le frère de Miss Peregrine.

Je suis assez mitigée face à ce troisième tome. Dans l'ensemble j'ai vraiment aimé cette saga. Sur ce dernier livre, j'ai aimé replonger dans l'univers des particuliers auquel j'ai vraiment accroché, à commencer par l'Arpent du Diable, mais j'ai aussi trouvé beaucoup de points négatifs. Pour commencer une très grande partie de l'histoire va rester centrée sur Jacob, Emma et Addison. On n'entend absolument plus parler des autres particuliers qui ont été faits prisonniers par les Estres, ce qui est vraiment dommage. Ils perdent complètement leur place dans la saga.
Par ailleurs j'ai trouvé le personnage de Caul très puéril, il m'agaçait plus qu'autre chose. En général on n'est pas très fan des méchants, mais ils ont malgré tout une certaine prestance... ici j'avais plutôt l'impression d'un enfant qui faisait une crise... niveau crédibilité ça en prend quand même un sacré coup.
Pour d'autres personnages, sans spoiler, je me contenterai de dire que trop de rebondissements tue le rebondissement...

Du reste, une part importante est donnée à Bentham, sa maison, son histoire, l'histoire des particuliers et de Caul. C'est intéressant et même indispensable à la compréhension, toutefois l'auteur s'y attarde trop longtemps à mon sens. De ce fait, ça manque d'action voire piétine pendant une grosse partie du livre.

Quant au final, outre le comportement de Caul, j'ai apprécié la lecture de l'affrontement final, encore que j'aurais préféré que les autres particuliers y soient plus impliqués. Mais la suite des évènements concernant Jacob m'a semblé en décalage total par rapport au reste de la saga et m'a plutôt donné l'impression d'une échappatoire pour l'auteur vis-à-vis du personnage de Jacob.

13 avril 2017

En pleine tête

Quadruple meurtre chez un médecin lillois. Mode opératoire de l’assassin : deux balles tirées dans la tête. Parmi les victimes, le policier Jacques Burier. Sur son temps personnel, il s’intéressait à une affaire non élucidée. Et si sa mort y était liée ? En charge de l’enquête, les capitaines Sylvie Monin et Frédéric Preux voient les pistes se multiplier. Les choses se corsent lorsqu’ils font connaissance de leur nouvelle supérieure, l’acariâtre commissaire Lengrand. La tâche des deux policiers s’annonce décidément difficile. D’autant que l’enthousiasme des premières enquêtes n’est plus là : Sylvie déprime et pense de plus en plus à quitter la police…



En pleine tête d'Emmanuel Sys, 167 pages, Ravet-Anceau, 2016

Mon avis : Sylvie Monin et son équipe sont chargés d'enquêter sur un quadruple meurtre dans un cabinet médical. Ils vont malheureusement découvrir que l'une des victimes et un de leur collègue qui avait plutôt tendance à s'isoler. Était-il impliqué dans l'affaire ou était-il au mauvais endroit au mauvais moment ? Histoire de mettre quelques bâtons en plus dans les roues des enquêteurs, un nouveau commissaire est nommé à leur tête... qui a des pratiques bien différentes du précédent.

Ce livre se lit facilement, on rentre rapidement dans l'enquête. J'ai fini par comprendre qu'il faisait partie d'une saga, toutefois ça ne m'a pas gênée de ne pas avoir lu les livres précédents.

J'ai trouvé que je n'avais pas trop eu le temps de m'attacher aux personnages. Le livre est relativement court. Néanmoins il est suffisant pour présenter une bonne intrigue. Il n'y a pas de temps morts et on va avoir pas mal de révélations d'une page à l'autre.

J'ai apprécié ma lecture même si ce n'est pas un livre qui m'aura véritablement marquée. Ceci dit j'ai quand même bien envie de découvrir les précédents pour en apprendre plus sur les personnages principaux.

12 avril 2017

Seul le silence

Joseph a douze ans lorsqu’il découvre dans son village de Géorgie le corps d’une fillette assassinée. Une des premières victimes d’une longue série de crimes.
Des années plus tard, alors que l’affaire semble enfin élucidée, Joseph s’installe à New York. Mais, de nouveau, les meurtres d’enfants se multiplient…
Pour exorciser ses démons, Joseph part à la recherche de ce tueur qui le hante.


Seul le silence de R. J. Ellory

Seul le silence de R. J. Ellory, 602 pages, Le Livre de Poche, 2009

Mon avis : Dans Seul le silence, R. J. Ellory va nous présenter Joseph Vaughan qui a grandi à Augusta Falls en Géorgie. Nous le découvrons à l'âge de 11 ans, en 1939, alors que son père vient de mourir d'une pathologie cardiaque. Il vit donc seul avec sa mère, avec l'aide de voisins qui leur rendent régulièrement visite. Un jour le corps d'une fillette, une camarade de Joseph est retrouvé dans un champs. Malheureusement il s'agit de la première victime d'une longue série. Joseph va même être amené à découvrir l'un des corps. Les fillettes ont été violentées, pour certaines mutilées. La population d'Augusta Falls finit par vivre dans la terreur. Joseph et quelques amis décident de protéger coûte que coûte leurs camarades et vont s'appeler entre eux les Anges gardiens.

Le moins que l'on puisse dire est que la plume de R. J. Ellory est particulièrement riche et d'une parfaite fluidité. On pourrait être effrayé par le nombre de pages (pas moi ^^) mais il se lit très facilement, et surtout il est impossible de le lâcher une fois ouvert. L'auteur va nous faire découvrir Augusta Falls puis nous faire voyager jusque New York tout en retraçant la vie de Joseph depuis 11 ans jusqu'à l'âge adulte. On va voir les évènements avec ses yeux tout au long de ce livre écrit à la première personne.

Joseph va être persécuté par la malchance. Chaque fois qu'il pensera atteindre le bonheur, quelque chose va venir l'enrayer. C'est un personnage rapidement attachant : orphelin de père, une prédisposition pour l'écriture qui va le faire sortir du lot, un altruisme difficilement égalable... et tous ces malheurs qui vont le rattraper encore et encore. Et vous l'aurez peut-être déjà compris mais tout va tourner autour de ces meurtres de fillettes.

Je mentirais si je disais que j'ai deviné qui était le coupable : j'ai suspecté tous les hommes qu'on peut être amené à croiser dans ce livre, j'ai passé mon temps à changer d'avis jusqu'au dernier moment ! L'intrigue est juste parfaite. Et pour cause puisque l'intégralité du roman est centrée sur le personnage de Joseph : on n'assiste pas à l'enquête. Ainsi nous n'avons que sa vision des choses, d'enfant pour commencer puis d'adulte, donc beaucoup d'éléments nous passent sous le nez. Sur certains livres ça peut poser problème, mais ici on est bien sur du thriller psychologique pur et dur. Et ça marche. On passe à peu près par tous les stades émotionnels possibles : de l'horreur à la colère, en passant par la tristesse, la joie... l'ascenseur émotionnel par excellence.

Je n'ai pas de façon plus parlante de l'exprimer : ce livre prend au tripe ! J'ai déjà pleuré sur des livres (ce qui est rare) mais c'est bien la première fois que je frissonne sur un livre (et pas d'horreur). C'est la première fois qu'un auteur parvient à me toucher à ce point. Il y va crescendo avec les émotions jusqu'à la dernière partie, alors que Joseph est adulte, qu'on l'a vu grandir, qu'on a assisté aux moments les plus beaux et les plus douloureux de sa vie. Et dans cette dernière partie, il va vivre un véritable trop plein d'émotions qui va être merveilleusement décrit par l'auteur, avec des mots forts. On ne peut pas rester insensible à la lecture de ce livre. Je regrette sincèrement de ne pas avoir découvert cet auteur plus tôt, ce alors que ce livre est dans ma PàL depuis 2009... J'ai eu deux coups de cœur depuis le début de l'année. Là c'est le coup de cœur des coups de cœur !

10 avril 2017

Petits meurtres entre voisins

Membres d'un "club" constitué de leurs voisins et amis, Karen et Michel apprécient la vie dans la petite communauté hollandaise dans laquelle ils viennent de s'installer. C'est agréable de se sentir entouré et en confiance. Cependant, lorsque la villa de leur ami Evert flambe et que celui-ci trouve la mort, et qu'un autre membre de leur club se défenestre, ils sont sous le choc. Il n'y a alors plus de doute possible : un assassin sévit au sein de leur petit cercle...
Une atmosphère décapante pour un thriller décalé dans lequel Saskia Noort fait grincer la mécanique bien huilée de la bonne société hollandaise !




Petits meurtres entre voisins de Saskia Noort, 338 pages, France Loisirs, 2007

Mon avis : Karen et Michel ont décidé d'emménager dans une petite ville avec leurs enfants, loin du chaos des grandes agglomérations. Toutefois, Karen finit rapidement par s'ennuyer et va tenter de faire connaissance avec des habitants du coin. De là va naître le club des dîneurs, initialement entre femmes, puis les époux vont rapidement en faire partie également. Tout se déroule bien en apparence jusqu'à ce que l'un des maris, Evert, ne décède dans l'incendie de sa maison. Tout pousse à croire à un suicide dans lequel il aurait tenté d'embarquer sa femme et ses enfants.

La plume de l'auteure an tant que telle est assez agréable à lire. Ce roman se lit très vite. Néanmoins j'ai rencontré une grande difficulté lors de ma lecture : l'absence de repères temporels. L'auteure alterne entre deux périodes : avant le décès de leur ami et après. Mais le tout se fait sans aucune indication. Les premières fois ça surprend, et au bout d'un moment, ça fatigue de devoir sans arrêt faire cette gymnastique du "on est quand là ?".

Les personnages sont à la fois attachants et horripilants. On est un peu dans une sorte de Desperate Housewives, où chacun a ses petits secrets inavouables, et certains peuvent être du genre franchement manipulateur. Si bien que de prime abord ils sont tout sympathiques, mais dès qu'on gratte un peu la surface, on tombe un peu des nues...
En revanche certains personnages sont totalement sous-exploités, finalement même si plusieurs couples constituent le club, on tourne toujours à peu près autour des mêmes personnages, notamment Karen, Hanneke (sa meilleure amie), Michel (le mari de Karen), Simon et Babette (la femme d'Evert).

L'intrigue est plutôt bien construite, je me suis laissée embarquée jusqu'au bout. Vous l'aurez compris vu le titre : le suicide n'en est pas vraiment un. Mais alors que s'est-il réellement passé ? Je n'ai deviné l'identité du coupable que lorsque l'auteure le voulait bien. Toutefois ce n'est pas un livre qui aura pleinement retenu mon attention. Il est divertissant, il est sympathique à lire mais ce n'est pas non plus le livre à ne pas manquer.