27 juin 2017

Mortelle tentation

Quand l’homme que vous aimez est accusé du pire, la confiance et la passion vacillent... Connaît-on vraiment la personne qui partage notre vie ?

Dans un coin sauvage des Pyrénées, le cadavre d’une jeune femme est retrouvé entièrement nu. Peter, le mari d'Alexia, randonne en solitaire à cet endroit mais il est injoignable depuis le jour du crime. D’abord inquiète qu’il ait croisé la route de l’assassin, Alexia découvre avec effroi qu'il connaissait la victime. Et s’il était en réalité le meurtrier ?

Déchirée entre l’amour et le doute, Alexia doit faire éclater la vérité.


Mortelle tentation

Mortelle tentation de Christophe Ferré, 470 pages, France Loisirs, 2016

Mon avis : Alexia et Peter filent le parfait amour depuis 20 ans avec leur fils. Ancien joueur de rugby renommé, Peter aime la randonnée en montagne. Il lui arrive régulièrement de partir sans donner de nouvelles pendant quelques jours. Mais lorsque le corps d'une jeune femme est retrouvé à l'endroit où il est supposé randonner et qu'il ne donne plus la moindre nouvelle, Alexia, avocate, finit par douter de Peter. Elle va se retrouver tiraillée entre son amour pour lui et l'horrible soupçon qu'elle nourrit sur sa culpabilité.

J'avais totalement craqué pour la couverture de ce livre. Elle a ce petit effet glaçant et mystérieux qui promet une lecture angoissante...
Commençons d'abord par le style. J'ai trouvé la plume de l'auteur assez lourde. Dans l'ensemble le livre se lit facilement mais certaines formulations m'ont étonnée. Je pense notamment à la façon de l'auteur de parler des preuves retrouvées sur le corps de la victime. J'ai trouvé ça un peu indigeste. Par ailleurs la même formule était utilisée de façon très répétitive. Sans parler de sa façon d'aborder les sentiments entre Alexia et Peter : catalogue de tous les clichés possibles sur les sentiments amoureux... ça devenait franchement lassant. En revanche, les chapitres étaient assez courts, ce qui permettait de donner un bon rythme au livre. Bref, vous l'aurez compris : le style de l'auteur ne m'a pas du tout convaincue.

Passons aux personnages. En dehors d'Alexia, ils sont tous survolés. Je ne leur ai pour ainsi dire pas trouvé de profondeur.
Quant à Alexia, elle est avocate. Or très rares sont les moments où elle réfléchit comme une avocate. Il est certain qu'il est difficile de réfléchir de façon rationnelle quand une affaire de meurtre nous touche d'aussi prêt (du moins je le suppose...). Mais tout de même, on garde des réflexes du quotidien. Si elle s'est positionnée en tant qu'avocate sur 3 pages c'est déjà bien (sur 470 quand même). Du reste, elle met totalement de côté plein d'éléments qui lui sont servis sur un plateau... L'amour est aveugle dirons nous... Et pourtant elle suspecte clairement Peter du meurtre, allez comprendre.

Enfin côté intrigue... c'est le flop... J'ai tout deviné très rapidement. Le schéma était évident, un gros cliché. Je n'avais pas d'idée sur l'identité du coupable dès le départ mais j'avais compris bien avant la fin. L'auteur nous met en main beaucoup trop d'indices dès le départ. Et comme je le disais plus haut, on a beaucoup d'indices, mais la grande majorité est totalement laissée de côté par Alexia, alors que c'est visible comme le nez au milieu de la figure.

Bref, grosse déception pour ma part...

23 juin 2017

La méthode du crocodile

Le crocodile, le prédateur le plus froid et le plus redoutable, rôde dans les rues de Naples…

Tapi dans l’ombre, à l’affût, il observe, attend, se prépare. Rien n’est laissé au hasard, il repère les lieux, les habitudes, les horaires de ses victimes. Et quand il frappe, il ne manque jamais sa cible. D’autant que rien n’est plus facile que de passer inaperçu dans une ville comme Naples, où chacun vaque à ses occupations, indifférent à ce qui se passe autour de lui.
Quand à quelques jours d’intervalle, plusieurs jeunes sont retrouvés assassinés d’une balle dans la nuque, la presse se saisit de l’affaire. Le meurtrier, qui sème des mouchoirs en papier imprégnés de larmes sur les scènes de crime, se voit aussitôt affublé du surnom de Crocodile. Comme le prédateur, il semble pleurer en tuant ses victimes…
L’enquête est confiée à l’inspecteur Lojacono, Sicilien déraciné, personnage effacé voire invisible. Dans une Naples fébrile et pluvieuse, deux hommes solitaires vont se livrer bataille. Le flic contre le tueur. Lequel s’imposera ?




La méthode du crocodile de Maurizio De Giovanni, 281 pages, Fleuve Éditions, 2013

Mon avis : Accusé d'avoir trempé dans des affaires plutôt louches avec la mafia, l'inspecteur Lojacono se retrouve mis au placard, rejeté par sa famille, en particulier sa femme et donc sa fille. Il se retrouve affecté dans un poste où il est très peu sollicité. Toutefois quand des meurtres suspects surviennent, il ne peut s'empêcher de mener discrètement l'enquête. Laura Piras, magistrate, va s'en rendre compte et malgré l'historique de Lojacono, elle décide de l'intégrer dans l'enquête. Le point commun aux scènes de crime : des mouchoirs ayant servis à essuyer les larmes du tueur, ce qui va lui valoir le surnom de crocodile.

J'ai eu beaucoup de mal à entrer dans l'histoire à cause du style d'écriture de l'auteur. J'ai trouvé que c'était très concis. L'auteur va vraiment à l'essentiel. Mais les chapitres sont très courts... au risque d'être trop courts. Le plus de ce style d'écriture est que le livre est très rythmé, on est vraiment pris dedans... mais les chapitres sont tellement courts que je n'arrivais pas à me mettre dans l'ambiance des scènes décrites dans chaque chapitre. Ça m'a vraiment posé problème sur une grande partie du livre. C'est seulement passées les 100 premières pages que j'ai finalement réussi à m'adapter au style. Et une fois que c'était fait j'étais vraiment totalement dedans.

En dehors de Lojacono, je ne sais pas quels personnages on va revoir dans les livres suivants, puisqu'il s'agit d'une saga. Toujours est-il que j'ai eu du mal avec le personnage de Piras, un peu trop sûre d'elle et trop rentre dedans à mon goût, je dirais même prétentieuse. On verra par la suite si je change d'opinion (si on la retrouve dans les prochains opus), mais d'emblée je ne suis franchement pas fan.
En revanche je suis vraiment curieuse de savoir ce que va devenir Lojacono. La lumière va-t-elle être faite sur ce qui est réellement arrivé avec la mafia ? Va-t-il parvenir à redorer son blason ? On a là un personnage torturé, abandonné et mis sur la touche, que j'ai très envie de voir évoluer.

Dès le départ, on sait qui est le tueur. En revanche, on ignore quel est son mobile. À mon sens on est plutôt sur du thriller psychologique. Il y a très peu d'action dans ce livre, hormis sur la fin. On sait d'avance quelles sont les cibles du tueur. On ne peut que croiser les doigts pour qu'il soit stoppé à temps. Très régulièrement, l'auteur nous expose les pensées de l'assassin, nous livrant ainsi au compte-goutte les éléments à assembler pour découvrir son mobile.
Quant au final, il m'a cloué le bec. On se rend compte que l'auteur ne recule devant rien, et qu'on peut s'attendre à tout avec lui. J'ai eu du mal à effacer cette scène finale de mon esprit : comme beaucoup de lecteurs, je visualise les scènes systématiquement tout au long de ma lecture, ce qui a renforcé la puissance des dernières pages pour ma part.

Ainsi, si j'ai eu beaucoup de mal avec la première partie du livre, j'ai fini par ne plus pouvoir le lâcher.

22 juin 2017

Les Pirates de l'Escroc-Griffe, tome 1 : Les Terres Interdites

Lorsque Caboche, après s’être enfui de l’orphelinat militaire, part à la recherche de son père, il ne s’attendait certainement pas à rencontrer la compagnie de L’Escroc-Griffe et encore moins à monter à bord de leur bateau ! Connu pour n’avoir jamais réussi un abordage, l’équipage de Bretelle, vieux capitaine désabusé, ressemble plus à la troupe d’un cirque qu’à une bande de pirates. Mais Caboche va les entraîner dans un voyage rocambolesque sur les Mers Turquoises, à la recherche d’un trésor mythique. Une quête dangereuse puisqu’ils sont pourchassés par l’invincible et immortel Amiral-Fantôme, et qui les mènera jusqu'aux confins du Monde-Fleur, aux abords des mystérieuses Terres Interdites...



Les Pirates de l'Escroc-Griffe, tome 1 : Les Terres Interdites de Jean-Sébastien Guillermou, 449 pages, Bragelonne, 2015

Mon avis : Avec ce premier tome des Pirates de l'Escroc-Griffe, nous faisons connaissance avec Caboche qui vient de fuir de l'orphelinat de façon bien peu discrète. Son objectif : retrouver son père. Dans sa fuite, il va se retrouver embarqué avec l'équipage de l'Escroc-Griffe et partir ainsi avec eux à l'aventure. Cependant le capitaine Bretelle est le premier à proclamer qu'il n'est pas un pirate. Et il faut admettre que lui et son équipage sont plutôt risibles. Caboche va en arriver à se demander s'il a fait le bon choix en partant avec eux, et si le capitaine Bretelle va vraiment pouvoir l'aider à retrouver son père comme il le lui a dit. Leur voyage va être semé d'embuches, notamment avec l'Amiral-Fantôme qui a juré de ne disparaître que lorsqu'il aurait éliminé tous les pirates vivants, jusqu'au dernier...

J'ai adoré la lecture de ce livre qui a été un véritable coup de cœur. La plume de l'auteur est très fluide, vraiment très agréable à lire. Il nous plonge dans un univers riche, très fouillé. On est clairement sur de la fantasy, avec des notes de steampunk (les pros du genre confirmeront ou non). J'ai particulièrement apprécié ce côté pirates, voyages sur les mers, découvertes de terres inconnues et de tous les trésors qu'elles recèlent. Je parlais d'un côté steampunk, et en effet, on va découvrir quelques technologies assez sympathiques. Par ailleurs ce premier tome est aussi et surtout l'occasion pour l'auteur de planter le décor avec les personnages et les différentes civilisations. On va en particulier découvrir le peuple des Kazarsses, des hommes-iguanes qui vivent malheureusement comme des esclaves auprès des hommes.

J'ai totalement accroché aux personnages. Caboche est un gamin touchant et attachant qui découvre que son père est toujours en vie et qui ne vit plus que pour le retrouver même s'il va devoir passer par de nombreuses étapes dangereuses avant cela.
Bretelle, le capitaine de l'Escroc-Griffe, me fait franchement penser à Jack Sparrow. J'avais en tête l'image d'un pirate pitoyable qui veut faire croire qu'il est redoutable alors qu'il n'a jamais été fichu d'aborder un vaisseau... et tout le monde le sait... Malgré tout il va se laisser entraîner par Caboche dans une aventure folle qui va le faire clairement sortir de sa zone de confort. Et c'est bien pour ça que j'ai aimé ce personnage.
Goowan est un Kazarsse libre, particulièrement dévoué au capitaine Bretelle. Il n'hésite pas à mettre sa vie en danger plus d'une fois pour ses compagnons de route. On a encore beaucoup de choses à apprendre de lui et son peuple.

Il y a beaucoup d'action dans ce premier tome, très peu de temps mort. On n'a vraiment pas le temps de s'ennuyer. À chaque chapitre on en découvre un peu plus sur l'univers de l'auteur. C'est un vrai régal. Du reste si vous allez sur le site de l'auteur, vous trouverez quelques bandes sons pour certains passages du livre, des illustrations, c'est vraiment agréable. J'avais deviné l'une des révélations finales bien à l'avance mais ça ne m'a pas dérangée tellement j'étais happée par l'histoire. En revanche la révélation finale m'a scotchée, je ne l'avais pas du tout vue venir. Je n'ai qu'une hâte : découvrir la suite dans le deuxième tome.

Les Terres Interdites, premier tome des Pirates de l'Escroc-Griffe de Jean-Sébastien Guillermou a donc été un gros coup de cœur que je vous conseille vivement même si certains évènements sont plutôt prévisibles.

20 juin 2017

La Boutique Vif-Argent, tome 3 : La carte des passages

Pourquoi Semueld Askell rôde-t-il nuit et jour dans le village d'Applecross, accompagné d'un vol sinistre de corbeaux ? Tout cela ne présage rien de bon. Il semble qu'il ait réveillé la colère des Autres, ces créatures magiques qui vivent dans la Terre Creuse...
Mais c'est à Finley surtout qu'il s'intéresse et à ce qui lui tient le plus à cœur: Aiby Lily !
Pour son amie, Finley est capable des exploits les plus fous !


La Boutique Vif-Argent, tome 3 : La carte des passages de Pierdomenico Baccalario

La Boutique Vif-Argent, tome 3 : La carte des passages de Pierdomenico Baccalario, 246 pages, Gallimard Jeunesse, 2016

Mon avis : Dans ce troisième tome des aventures de Finley et Aiby, nos deux héros et leurs compagnons vont partir à la recherche de l'homme qui tente de s'approprier la Boutique Vif-Argent par tous les moyens. Ils ont déjà une très bonne idée du coupable mais il faut encore le prouver. Ils vont donc tenter de percer plusieurs mystères tout en prenant le risque de mettre leur vie en danger.

Comme pour les livres précédents, passage obligé par l'objet-livre en tant que tel qui est vraiment très beau. L'aspect vieux livre est très réussi. Comme toujours, on retrouve beaucoup d'illustrations très détaillées tout au long du livre. C'est un vrai plaisir de le parcourir. Il se lit très facilement et très rapidement.

Contrairement au tome 2 qui ne m'avait pas emballée, j'ai trouvé ce troisième volet beaucoup plus intéressant. Même si on n'en apprend pas beaucoup plus sur la boutique. Les évènements sont plus captivants, on sent qu'il y a un réel enjeu derrière. Par ailleurs l'auteur fait durer le suspense en laissant supposer certains éléments sur lesquels on ne reviendra qu'à la fin. Finley a une place beaucoup plus importante et va être force de décision. J'ai eu un peu de mal avec le personnage d'Aiby sur ce tome, où elle semble beaucoup plus distante par moment sans réelle explication. Quant au final je l'ai trouvé beaucoup plus détaillé que dans le deuxième tome où j'avais l'impression d'une fin un peu bâclée.

Pour conclure, c'est une très bonne saga qui se lit très bien tout en restant vraiment axé jeunesse bien entendu.

15 juin 2017

Book Jar and others #11


Bonjour à tous ! Et oui, je sais, on est déjà mi-juin, j'ai déjà lu 3 livres sur les 5 prévus, et v'là que je vous sors (enfin) la PàLM du mois... Mieux vaut tard que jamais. Mais je ne voulais pas que les photos végètent dans l'ordinateur... oui parce que tout était près, y avait plus qu'à, mais je n'ai jamais eu le courage... Irrécupérable je suis !

Donc pour ce mois-ci, la Book Jar a craché un petit billet avec "George Sand" écrit dessus :



Je n'avais pas lu de classique depuis bien longtemps, du coup j'avais un peu peur de réussir à me remettre à ce style d'un coup d'un seul, et en même temps ça me faisait bien plaisir ! La chronique de La petite Fadette vient tout juste d'être postée, puisque j'ai déjà terminé ce livre. Vous la trouverez ici.

Pour le reste de la PàLM j'ai essayé de varier les genres.



Tout d'abord j'avais reçu La dernière licorne de Tobby Rolland de la part des éditions Presses de la Cité. Ensuite j'ai choisi Hortense de Jacques Expert qui m'a longtemps été conseillé !
Histoire de poursuivre les sagas en cours, je me lance dans la lecture du troisième tome de La Boutique Vif-Argent, La Carte des Passages de Pierdomenico Baccalario.
Et enfin je vais me faire plaisir (enfin j'espère !) avec Mortelle tentation de Christophe Ferré, qui me fait furieusement envie depuis que je l'ai acheté, d'autant que la couverture est juste magnifique !

Je vous souhaite à tous de très bonnes lectures. N'hésitez pas à me dire si certains livres vous tentent ou si vous les avez déjà lus. Je serais curieuse d'avoir vos avis dessus !

La petite Fadette

Avec La petite Fadette de George Sand, nous suivons deux jumeaux, Landry et Sylvinet, tous deux suivis de près par leurs parents (leur mère en particulier), de crainte qu'ils ne soient trop proches l'un de l'autre. En effet on les a largement mis en garde sur le risque qu'ils s'attachent trop et que l'un souffre des actions de l'autre. Chacun a son propre caractère, Sylvinet étant un peu plus fragile, en particulier psychologiquement. Il va avoir du mal à voir Landry s'éloigner pour travailler dans une autre ferme mais aussi du mal à se rapprocher de la gente féminine.
Un jour, alors que Landry cherche Sylvinet, il va tomber sur Fadette. Il s'agit d'une enfant mal vue et rejetée par le village. On la soupçonne de sorcellerie de même que sa grand-mère. Sa mère était de mauvaise fréquentation, une réputation qui retombe sur Fadette. Enfin Fadette n'est pas très soignée, elle s'habille mal et fait plutôt penser à un garçon manqué... tout pour que les habitants du village la rejètent. Néanmoins, avec le temps, et malgré les manigances de Fadette, Landry va finir par s'attacher à elle.



La petite Fadette de George Sand, 243 pages, Éditions Garnier Flammarion, 1967

Mon avis : J'étais bien contente de tirer ce livre dans la Book Jar : je n'avais pas lu de classique depuis bien longtemps. Aussi je ne suis pas fan des histoires d'amour, mais pour autant sur du classique tel que celui-ci, ça ne m'a pas du tout dérangé. D'autant qu'on aborde aussi d'autres sujets, en particulier la tolérance vis-à-vis de Fadette qu'on rejette à cause de ses origines. Finalement, on se rend compte que si elle est comme elle est, ce n'est pas à cause de ses origines mais bien à cause de la façon dont les gens la traite. Alors si les sujets tel que la sorcellerie et le diable ne sont plus d'actualité, le problème de fond, lui, le reste malheureusement. On va également faire face à la jalousie de Sylvinet qui n'accepte pas de "partager" son frère avec qui que ce soit.

J'ai eu beaucoup de mal avec ce personnage, Sylvinet était particulièrement fatiguant. Au départ sa façon de réagir est touchante, mais au bout d'un moment on a juste envie de le secouer un bon coup.
En revanche les personnages de  Landry et Fadette étaient vraiment très touchants. Leur histoire est très belle et tendre. Fadette, tout particulièrement, paraît manipulatrice et méchante mais on finit par se rendre compte que derrière celle que les gens veulent voir, il se cache une toute autre jeune fille.
J'ai beaucoup aimé le personnage du père de Landry également, qui nous surprend à la fin du livre.

La lecture des premières pages n'a pas été aisée, il y a des expressions datant du XIXè qui ne sont plus utilisées à ce jour. N'ayant pas lu de classique depuis longtemps, il faut réussir à s'y remettre. Mais ce n'est l'affaire que de quelques pages. Une fois passés quelques chapitres, il se lit très facilement ! En tout cas ce livre m'a permis de faire une petite pause très agréable dans mes lectures. Le classique n'est pas mon style de prédilection, aussi j'aurais bien du mal à en lire plusieurs d'affilée, mais un de temps en temps ça fait du bien !

13 juin 2017

Ninn, tome 2 : Les Grands Lointains

Attention, spoilers sur le premier tome

- J'en ai marre !
Marre de ce bled infernal !
Marre des géants psychotiques !
Des monstres volants ! Des décharges !
Je veux rentrer chez moi !
Tu m'entends ?!... Chez moi !
- Ninn !... Tu es chez toi.


Ninn, tome 2 : Les Grands Lointains

Ninn, tome 2 : Les Grands Lointains de Jean-Michel Darlot et Johan Pilet, 64 pages, Kennes, 2016

Mon avis : Dans ce deuxième tome des aventures de Ninn, Les grands Lointains, nous retrouvons avec plaisir Ninn, qui est partie à la recherche de ses origines avec le tigre de papier. Nous les retrouvons exactement là où nous les avions laissés à la fin du premier tome. Il s'agit d'une sorte de jungle dans laquelle ils vont devoir s'orienter tant bien que mal vers un point bien précis (mais là je n'en dis pas plus). Pour cela ils vont recevoir une aide inattendue et ils vont aussi devoir faire face aux multiples dangers de cette "jungle".

Comme sur le premier tome, les dessins sont vraiment très beaux, je dirais même encore plus beaux, puisqu'on découvre un décor totalement différent du métro et de Paris. Les couleurs sont magnifiques. C'est vraiment très agréable à parcourir.

J'ai beaucoup aimé les interactions entre Ninn et le tigre de papier. Le caractère de ce dernier est totalement décalé. Je suis complètement fan de lui. En même temps il me fait énormément penser à mon gros Moostik (le t-i-double-grou de gauche sur la bannière du blog). S'il pouvait parler, je l'imaginerais exactement comme le tigre de papier... Du coup je ne suis pas très objective...

On fait de belles découvertes sur ce deuxième tome, et en même temps on se pose de nouvelles questions, sur deux personnages en particulier : qui sont-ils vraiment ? d'où viennent-ils ? et que leur est-il arrivé (on a déjà la réponse pour l'un des deux) ? Il y a pas mal de passages assez drôles (on dit merci le tigre de papier). La planche finale laisse présager une suite qui arrivera rapidement je l'espère, à supposer qu'il y ait bel et bien une suite. On a encore beaucoup de chose à découvrir sur cet univers !

11 juin 2017

Hortense

Attention, mieux vaut éviter de lire le résumé de l'éditeur si on veut éviter trop de révélations... Je ferai une partie spoilers à la fin de la chronique. Comme d'habitude je préviendrai avant pour ne pas spoiler ceux qui n'ont pas encore lu le livre. J'ai beaucoup de questions donc la partie spoilers me semble incontournable.

1993 : Sophie Delalande est folle d’amour pour sa fille Hortense, presque trois ans, qu’elle élève seule. Celle-ci lui permet d’oublier les rapports difficiles qu’elle entretient avec le père de cette dernière, Sylvain, un homme violent qui l’a abandonnée alors qu’elle était enceinte et à qui elle refuse le droit de visite. Un jour, pourtant, Sylvain fait irruption chez elle et lui enlève Hortense. « Regarde-la. Nous allons disparaître et tu ne la reverras plus. »

2015 : après des années de recherches vaines, Sophie ne s’est jamais remise de la disparition d’Hortense. Fonctionnaire au ministère de l’Éducation, elle mène une existence morne et très solitaire. Jusqu’au soir où une jeune femme blonde la bouscule dans la rue. Sophie en est sûre, c’est sa fille, c’est Hortense. Elle la suit, l’observe sans relâche. Sans rien lui dire de leur lien de parenté, elle sympathise avec la jeune femme, prénommée Emmanuelle, tente d’en savoir plus sur elle. La relation qui se noue alors va vite devenir l’objet de bien des mystères. Sophie ne serait-elle pas la proie d’un délire psychotique qui lui fait prendre cette inconnue pour sa fille ? Et la jeune femme est-elle aussi innocente qu'elle le paraît ?




Hortense de Jacques Expert, 317 pages, Sonatine Éditions, 2016

Mon avis : En 1993, Hortense, 2 ans et demi, la fille de Sophie est enlevé par son père, Sylvain, qui les avait abandonné en découvrant que Sophie était enceinte. Elle va se démener pour retrouver sa fille, aidée par Isabelle, une amie proche qui travaillait dans la crèche où était inscrite Hortense. Elle avait tout tenter, du détective privé jusqu'à l'émission de télé pour retrouver la trace de Sylvain, et donc sa fille. Un jour, Sophie pense retrouver Hortense alors qu'elle devrait avoir 22 ans. Elle va tenter de se rapprocher d'elle au maximum pour lui révéler la vérité sur ses origines.

Dans Hortense de Jacques Expert, le décor est planté dès la première page. Il s'agit d'un thriller que je qualifierais de psychologique dans lequel on va alterner entre les évènements autour de la disparition d'Hortense, relatés par Sophie Delalande, et des dépositions par rapport à un évènement qui va se produire plusieurs années après cette disparition. La plume de l'auteur est très agréable à lire. Ce livre se lit tout seul, très facilement. On est loin des grandes descriptions. Ici tout ce qui compte ce sont les faits que ce soit lors des dépositions ou ceux qui sont narrés par Sophie.

Les personnages sont tous difficiles à cerner. De fait, on les voit avant tout à travers les yeux de Sophie, une mère qui souffre depuis des années et qui n'est peut-être plus très objective dans sa façon d'analyser les évènements et les personnes.
Sophie elle-même est "mystérieuse". Très rapidement les dépositions nous font comprendre qu'elle avait une personnalité très particulière.

Ce livre est un véritable page-turner. Si vous l'ouvrez vous ne pourrez plus le refermer. Toutes les hypothèses possibles et imaginables ont tourné dans ma tête. Certaines se sont révélées payantes mais ceci dit je ne croyais à aucune plus qu'à une autre, donc beaucoup de rebondissements pour ma part malgré tout. Et surtout j'étais loin de m'attendre à la fin de ce livre. Pour le coup on peut dire que l'auteur aura attendu la toute dernière minute pour révéler l'impensable. Mais beaucoup de questions restent en suspens et ça gâche un peu le tout. Je n'aime pas fermer un livre en ayant encore des questions sans réponse...

ATTENTION SPOILERS !!!!!!

Ma grande question : que s'est-il réellement passé le jour où Sophie pense que Sylvain a enlevé Hortense ? Je n'ai aucun doute sur le fait que quelqu'un, qui que ce soit, en pleine décompensation psychotique, ait pu mettre tout en scène, jusqu'à se blesser soi-même. Mais le gros point d'ombre : comment a-t-elle fait pour s'attacher toute seule à la chaise ?.... Ça je ne l'explique pas du tout... Si quelqu'un a une réponse, partagez ! (en précisant "spoilers" au début du commentaire ;-) ).
Autre question que je me pose : comment la police a pu passer à côté de ça ? J'aurais pensé qu'ils examineraient minutieusement tout l'appartement à la recherche d'indices... ou alors elle avait caché le corps d'Hortense ailleurs en attendant, mais où ? Dans un immeuble, ça doit pas être évident...
Enfin j'ai trouvé un peu dommage que l'auteur insiste autant sur certains détails dès le départ, notamment le fait que Sophie avait une relation un peu trop exclusive avec sa fille, ou encore sur le fait qu'il ne faut surtout pas entrer dans la chambre de la petite Hortense. J'ai vite deviner que quelque chose se cachait dans cette chambre (mais j'étais loin de m'attendre à ça).
Par ailleurs je me suis longtemps posé la question de savoir si Emmanuelle était vraiment Hortense ou pas. Et finalement j'ai eu la réponse trop tôt (même si c'était tard dans le livre, mais j'aurais préféré ne pas l'avoir), quand Sophie nous rapporte la scène où elle tue "Sylvain" et Isabelle, en précisant qu'elle n'a pas pris la peine de regarder les corps. Là c'était évident que ce n'était pas eux.
Et pour finir, je trouve un peu grosse, la coïncidence qui veut que, comme par hasard, la personne que Sophie va penser être sa fille, n'a pas connu sa mère et voit son père (qui ressemble un peu à Sylvain) sortir avec une femme nommée Isabelle...

FIN DES SPOILERS

Mais malgré tout ça j'ai adoré ce livre, j'ai été scotchée du début à la fin. Mais je ne peux pas mettre la note maximale à cause de ces questions qui restent sans la moindre réponse.

Si vous avez des théories, vraiment n'hésitez pas à m'en parler en commentaire. Je suis vraiment curieuse de savoir ce que vous en pensez et de partager avec vous toutes idées possibles. Pensez juste à préciser "spoilers" en début de commentaire par respect pour ceux qui ne l'ont pas encore lu.

08 juin 2017

La dernière licorne

Turquie, marché d'Igdir. Aman, la fillette kurde dont la famille est gardienne millénaire du mystère de l'Ararat, n'aurait pas dû accepter cette licorne en bois... Elle savait que c'était interdit.

Melbourne, Parlement mondial des religions. Un rapport secret est alarmant : les glaces du mont Ararat fondent inexorablement. L'« anomalie d'Ararat », cette forme détectée au coeur du glacier, est-elle « la » preuve que l'arche de Noé s'y est échouée comme le racontent la Torah, la Bible et le Coran ?

Arménie, Etchmiadzine. Quatorze mercenaires font irruption dans la cathédrale pour s'emparer d'une relique inestimable : un fragment de l'arche. Leur but : ne laisser aucun témoin. C'est le déclenchement d'une vague de meurtres aux quatre coins du monde.

Vatican, enfer de la Bibliothèque apostolique. Zak Ikabi, ethnologue et aventurier, a moins de trois minutes pour photographier l'original du sulfureux Livre d'Enoch. Quel secret, dont dépend l'avenir de toutes les religions, relie les mythes de l'arche, du Déluge et des licornes ?

Université de Toulouse-Le Mirail, laboratoire du DIRS. La glaciologue Cécile Serval se trouve nez à nez avec Zak, venu lui dérober son rapport secret. C'est le début d'une course qui nous emporte de l'Arménie au Vatican, du Nakhitchevan à Hong Kong... Pour s'achever sur les flancs de l'Ararat...

Là où la vérité dépasse l'imagination.




La dernière licorne de Tobby Rolland, 593 pages, Presses de la Cité, 2017

Mon avis : Tout d'abord je tiens à remercier les éditions Presses de la Cité et Babelio pour la lecture de ce thriller ésotérique.

Avec La dernière licorne, Tobby Rolland m'a permis de découvrir plus en profondeur tout ce qui peut graviter autour du mythe de l'arche de Noé, avec des personnages dynamiques et au caractère affirmé, le tout en nous faisant voyager un peu partout, en France, en Australie, au Vatican, en Arménie. Nous allons donc découvrir le personnage de Zak Ikabi qui fait des recherches sur l'arche de Noé. Dans cet objectif, il ne recule devant rien, allant jusqu'à s'introduire illégalement au Vatican. Mais il n'est pas le seul à faire ces recherches et tout le monde n'est pas très scrupuleux dans cette affaire. Zak va alors faire la connaissance de Cécile Serval, une scientifique ayant émis un rapport sur la glace du Mont Ararat. Il va alors tenter de l'emmener avec lui sur les traces de l'arche de Noé.

J'ai beaucoup aimé la plume de l'auteur. Le livre se lit très facilement. J'ai eu besoin de plus de concentration sur certains passages. Je suis totalement inculte par rapport au sujet de l'arche de Noé, donc j'avais quand même pas mal d'informations à engranger. Mais j'ai pris beaucoup de plaisir à découvrir tout ça. L'auteur n'est pas avare de description, sans en faire trop non plus. Je n'ai donc pas eu de mal à visualiser l'action et l'environnement des personnages.

Les personnages sont tous assez approfondis, même si le personnage de Zak reste assez longtemps mystérieux. D'ailleurs l'auteur essaie de semer le doute assez souvent : gentil ou méchant, j'avoue avoir eu des doutes par moment.
J'ai bien aimé le personnage de Cécile. Je me suis pas mal identifiée à elle dans le sens où elle a besoin de preuves pour croire à telle ou telle théorie. Elle peut paraître fatigante pour certaines personnes, mais étant du genre à vouloir des preuves concrètes, forcément je la comprends tout à fait.

L'intrigue est très bien menée. Je le disais plus haut, l'auteur aime jouer avec les personnages et jète régulièrement des doutes sur le camp auquel ils appartiennent réellement. Par ailleurs l'action est très bien menée également. Il n'y pas de temps mort. J'ai juste eu l'impression au milieu du livre que ça commençait peut-être à s'essouffler un peu avec un schéma assez répétitif. Mais très rapidement l'auteur a su casser ce schéma pour entrer dans une phase avec plus de surprises et de rebondissements. J'ai vu venir quelques petites choses mais pas énormément et ça n'a absolument pas gâché ma lecture. En revanche j'ai eu le sentiment que le final était trop rapide. Je n'irai pas jusqu'à dire trop simple mais j'aurais préféré plus d'action notamment.

Par contre j'ai totalement buggé avec la révélation finale sur l'arche de Noé... J'ai beau être fan du genre, je ne m'attendais tellement pas à ce que l'auteur prenne ce chemin que je me suis demandé d'où ça venait. Et finalement la fan du genre en question est revenue au grand galop et s'est dit "ben oui pourquoi pas après tout...". Je pense que c'est plus dans la façon dont ça a été amené que j'ai eu du mal : absolument rien ne laissait entendre qu'on allait sur ce terrain. Mais je suis peut-être passée à côté d'indices laissés par l'auteur ceci dit.

La dernière licorne de Tobby Rolland s'est laissé littéralement dévorer en 3 jours. Une lecture haletante, sans temps mort, qui surprend plus d'une fois, et à vrai dire quand c'est fini on en veut encore !