17 juillet 2017

Robe de marié

Article écrit le 17/08/2010

Robe de marié de Pierre Lemaitre
Nul n'est à l'abri de la folie. Sophie, une jeune femme qui mène une existence paisible, commence à sombrer rapidement dans la démence : mille petits signes inquiétants s'accumulent puis tout s'accélère. Est-elle responsable de la mort de sa belle-mère, de celle de son mari infirme ? Peu à peu, elle se retrouve impliquée dans plusieurs meurtres dont, curieusement, elle n'a aucun souvenir. Alors désespérée mais lucide, elle organise sa fuite; elle va changer de nom, de vie, se marier, mais son douloureux passé la rattrape...
Les ombres de Hitchcock et de Brian de Palma planent sur ce thriller diabolique.


Robe de marié de Pierre Lemaitre, 314 pages, Le Livre de Poche, 2010

Mon avis : J'ai dévoré ce livre en 2 jours. Le thriller psychologique dans toute sa splendeur ! Lentement, mais sûrement, on voit Sophie décliner, perdre la mémoire puis petit à petit la raison, jusqu'à perdre tout ce qu'elle a de plus cher : son mari, sa dignité, sa vie. Suspectée d'au moins trois meurtres, elle ignore que dans l'ombre se cache celui qui dirige les fils de la marionnette qu'elle est devenue.

Ce livre, l'ouvrir c'est ne pas le refermer. On est pris dans ce tourbillon infernal en même temps que Sophie, on essaie de comprendre avec elle ce qui peut bien lui arriver, comment elle va s'en sortir, et pourquoi tout cela lui arrive à elle...

J'ai aussi beaucoup aimé le style d'écriture. Le passage d'une écriture "hachée" traduisant à merveille l'état d'esprit de Sophie à un style plus "traditionnel" si je puis dire, m'a surprise mais dans le bon sens : il donne encore plus de piquant, un rythme haletant, c'est bien ce qui fait (en plus de l'intrigue) qu'on ne peut tout simplement pas lâcher ce livre !

Merci à la personne qui me l'a conseillé, je ne regrette absolument pas cette lecture !

11 juillet 2017

Smog of Germania

Germania, début des années 1900, capitale du Reich.

À sa tête, le Kaiser Wilhem, qui se préoccupe davantage de transformer sa cité en quelque chose de grandiose plutôt que de se pencher sur la guerre grondant le long de la frontière française - et pour cause : on dit qu'il n'a plus tous ses esprits. Un smog noir a envahi les rues suite à une industrialisation massive, au sein duquel les assassins sont à l'oeuvre.
Une poursuite infernale s'engage dans les rues et les cieux de Germania le jour où la fille du Kaiser échappe de peu à une tentative de meurtre. Objectif : retrouver les commanditaires. La chose serait bien plus aisée s'il ne s'agissait pas en réalité d'un gigantesque complot, qui se développe dans l'ombre depuis trop longtemps.




Smog of Germania de Marianne Stern, 343 pages, Éditions du Chat Noir, 2015

Mon avis : Smog of Germania nous plonge dans l'Empire allemand, dans les années 1900, alors que le climat politique est particulièrement tendu. Une guerre menace d'éclater à tout moment avec la France. Des rumeurs commencent alors à circuler sur un complot visant à atteindre, entre autre, Viktoria, la fille du Kaiser qui dirige l'Empire, mais aussi le Kaiser lui-même pour le faire tomber. Viktoria va se retrouvée affublée d'un chaperon en la personne de Jeremiah, un automate craint par la population car connu comme étant l'Exécuteur pour le Kaiser.
À la suite d'une tentative d'assassinat, Jeremiah va cacher Viktoria auprès de complices, avec l'aide de Maxwell, le maître-espion du Kaiser.

La plume de Marianne Stern est un vrai régal. Elle est très riche tout en étant très fluide. L'auteure nous décrit à merveille le monde et les lieux dans lesquels les personnages vont évoluer. Elle nous dépeint un monde particulièrement sombre, avec des personnages sans pitié quelque soit leur bord. On fait face à une ambiance parfois angoissante renforcée par le smog, un brouillard très dense, noir, au travers duquel la lumière naturelle ne passe pas, à tel point que le peu de végétation prend une couleur jaunâtre. La population utilise des masques pour se déplacer en extérieur de façon à éviter le contact direct avec cette pollution. L'atmosphère est donc assez sombre.
En revanche, j'ai eu du mal avec les quelques passages de romance. Il y a une romance dans ce livre, mais qui est loin d'être envahissante. Elle représente une petite partie du récit. Mais à ces rares occasions, j'ai trouvé que les sentiments et la relation étaient mal amenés... Ceci dit, je suis loin d'être une référence en la matière puisque je n'aime pas la romance... Donc mon avis sur ce point est à prendre avec de très grandes pincettes.

Progressivement on en apprend un peu plus sur les différents personnages qui sont tous très fouillés. J'ai été un peu étonnée avec Viktoria. Je m'attendais à un personnage un peu plus rebelle dans sa façon de penser de façon générale, mais finalement elle ne l'est pas tant que ça. Mais ça ne m'a pas gênée. Et en faisant le point sur cette lecture en refermant le livre, j'ai compris pourquoi. Je ne vous l'expliquerai pas de peur d'en dire trop, mais en tout cas le caractère du personnage sert bien le livre.
Ceux sur lesquels on va en apprendre le plus sont Jeremiah et Maxwell. Deux personnages au passé relativement sombre. Jeremiah particulièrement est un personnage torturé qui est passé par des périodes difficiles. En apprendre plus sur eux va aussi nous aider à en apprendre plus sur Germania.
On croise beaucoup d'autres personnages, difficile de parler de chacun mais toujours est-il qu'ils ont tous leur intérêt dans la construction du récit.

Sur certains points, j'avais un peu deviné ce qui allait venir, en particulier concernant un personnage. Ceci dit, là encore ça ne m'a pas tellement dérangée puisque l'auteure va faire la révélation quelques pages plus tard seulement et non d'un bout à l'autre du livre. En revanche concernant l'intrigue générale, à savoir qui est à l'origine du complot visant Viktoria, là c'est la surprise.
L'auteure m'a totalement emportée du début à la fin. J'ai totalement adhéré à son univers très abouti, rempli de surprises, tout à la fois angoissant mais aussi beau de part les trésors d'ingéniosité qu'il peut renfermer. Plus on avance dans la lecture, plus on veut découvrir la technologie imaginée par l'auteure.

Bref, c'est un livre coup de cœur que je recommande à tout amateur de steampunk. Pour ma part j'ai tellement accroché à l'univers de l'auteure que ça a balayé les quelques défauts que j'ai pu mentionner plus haut. Le deuxième tome ne va pas tarder à rejoindre ma PàL je pense !

10 juillet 2017

Enfant 44

Moscou, hiver 1953. Le corps d’un petit garçon est retrouvé nu sur une voie ferrée. Leo, agent du MGB, police d’État chargée du contre-espionnage, reste fidèle à la ligne du parti : le crime n’existe pas sous le parfait régime socialiste, il s’agit d’un accident.
L’affaire est classée mais le doute s’installe...
Tombé en disgrâce, Leo est contraint à l’exil avec sa femme, Raïssa. Et, dans une petite ville des montagnes de l’Oural, il va faire une troublante découverte : un autre garçonnet mort dans les mêmes conditions.
Leo et Raïssa vont se lancer dans une terrible traque, qui fera d’eux des ennemis du peuple...




Enfant 44 de Tom Rob Smith, 519 pages, Pocket, 2010

Mon avis : Dans les années cinquante, à Moscou, un enfant est retrouvé mort près d'une voie ferrée, son corps déchiqueté par un train, la bouche remplie de terre. Les circonstances de sa mort semblent floues. En effet des témoins disent qu'il a été retrouvé nu et que peu avant sa mort, il était en présence d'un homme. Or, tous ces témoins se rétractent... Malentendu ou l'affaire a-t-elle été étouffée ? Leo Demidov, agent du contre-espionnage (le MGB), a pour mission de classer l'affaire rapidement. Toutefois quelques mois plus tard, il va être amené à faire face à d'autres cadavres avec une mise en scène étrangement semblable.

Ce roman est un peu spécial dans le sens où on n'est pas sur un policier classique. On devine assez rapidement qui est le tueur. Mais ça ne pose pas problème. Ce qui compte ici ce n'est pas de trouver l'identité de l'assassin, du moins pour nous lecteur, mais plutôt de faire le lien entre certains personnages, qu'on est très très loin d'imaginer, et de découvrir comment le coupable va être stoppé.
En effet, ce livre relève à la fois du policier historique et de l'aventure. Je ne parle pas d'une aventure à la Indiana Jones mais plutôt d'un chemin semé d'embûches pour Leo et sa femme Raïssa pour parvenir à faire la lumière sur cette affaire. Pour cause, la police fait en sorte de trouver rapidement un coupable pour chaque crime de façon à faire taire les mauvaises langues au plus vite. Si bien que si Leo veut enquêter et arrêter le meurtrier, il va devoir agir contre l'état et devenir ainsi, lui et sa femme qui va l'aider, un ennemi de l'état s'il se fait prendre.

La plume fluide de l'auteur nous plonge en union soviétique à une époque où la terreur règne sur tous les habitants. Il nous décrit très bien cette ambiance et cette nécessité de ne faire confiance à personne à part soi-même. Le moindre faux pas peut coûter très cher. À titre d'exemple, l'homosexualité est sanctionnée d'emprisonnement. Les troubles psychiatriques quels qu'ils soient sont passibles de peine de mort.

Ainsi on peut dire que les personnages de Leo et Raïssa sont particulièrement courageux quand on sait ce qu'ils risquent s'ils se font prendre, et ce qu'ils vont traverser. Les sentiments entre eux sont loin d'être clairs. Si, au départ, on pense qu'ils nagent dans le bonheur, on va vite s'apercevoir que les apparences sont trompeuses et parfois, à cette époque particulièrement torturée, nécessité fait loi. On est bien loin du cliché du couple parfait, aussi j'ai particulièrement aimé assister à l'évolution des sentiments entre eux, qui sont très fluctuants, tout au long du livre.

L'intrigue, au-delà de l'identité du coupable, m'a bluffée. De plus le rythme est vraiment haletant. On est sans cesse sur le qui-vive, dans l'angoisse que Leo et Raïssa se fassent attraper. On passe également beaucoup de temps à se poser des questions sur tous les personnages. Je le disais plus tôt, il ne faut faire confiance à personne. Ainsi, pour le lecteur, il est très difficile de se faire une opinion sur les différents personnages qui vont croiser la route de Leo.

Ce livre a donc été une excellente lecture que je recommande vivement. Je compte bien découvrir les livres suivants de l'auteur.

09 juillet 2017

Bilan juin 2017


Hello les dévoreurs ! Il est temps de faire un petit bilan sur le mois de juin qui a été assez riche.

En effet, fin juin j'ai assisté au salon Saint-Maur en Poche qui c'est tenu les 24 et 25 juin à Saint-Maur-des-Fossés. Il s'agissait de mon premier salon. Ça a été une excellente expérience, avec de très belles rencontres. Je vous en parle plus en détail en podcast ici.

Oui oui, vous avez bien lu, j'ai bien écrit "podcast". Je ne me souviens plus si j'en avais parlé à l'époque, mais j'avais publié un podcast de présentation sur Soundcloud il y a quelques mois. Je trouvais l'idée plutôt sympa, avec les avantages de booktube mais sans les inconvénients. Je n'avais finalement pas été plus loin. Mais j'ai fini par m'y remettre ce mois-ci en passant par la plateforme Youtube, Soundcloud étant payant au-delà d'un certain volume de contenu. Vous trouverez donc la présentation, un premier point lecture, un tag, et un deuxième point lecture.

Côté lecture, il y a de quoi faire, et en plus je suis à jour dans les chroniques (c'est beau ça !).


J'ai donc dévoré La dernière licorne de Tobby Rolland, un thriller ésotérique lu en partenariat avec Masse Critique sur Babelio et Presses de la Cité. Je suis sortie scotchée mais frustrée de ma lecture du thriller Hortense de Jacques Expert. J'aurais aimé pouvoir en parler avec l'auteur à Saint-Maur mais malheureusement il y avait trop de file d'attente à son stand. J'ai retrouvé avec grand plaisir Ninn et le tigre de papier dans leur deuxième aventure en bande-dessinée, Les Grands Lointains. J'ai fait une petite pause très agréable avec le classique La petite Fadette de George Sand.


Le troisième tome de La Boutique Vif-Argent, La carte des passages de Pierdomenico Baccalario a surpassé les deux premiers tomes. Un livre jeunesse, fantastique, plus abouti que ses prédécesseurs. Je suis retournée vers le thriller avec tout d'abord Mortelle tentation de Christophe Ferré qui a fait un gros flop pour ma part. Mais ma lecture suivante a permis de relever le niveau haut la main. Il s'agit de Le Syndrome [E] de Franck Thilliez.

Et voilà pour ce mois de juin. J'espère que vous avez fait de bonnes lectures de votre côté. N'hésitez pas à me dire si vous avez lu un de ces livres, et ce que vous en avez pensé. Je vous dit à bientôt !

03 juillet 2017

Le Syndrome [E]

Un film mystérieux et malsain qui rend aveugle...
Voilà de quoi gâcher les vacances de Lucie Henebelle, lieutenant de police à Lille, et de ses deux adorables jumelles.
Cinq cadavres retrouvés atrocement mutilés, le crâne scié...
Il n'en fallait pas plus à la Criminelle pour rappeler le commissaire Franck Sharko en congé forcé pour soigner ses crises de schizophrénie.
Deux pistes pour une seule et même affaire qui va réunir Henebelle et Sharko, si différents et pourtant si proches dans leur conception du métier.
Des bidonvilles du Caire aux orphelinats du Canada des années cinquante, les deux nouveaux équipiers vont mettre le doigt sur un mal inconnu,
d'une réalité effrayante et qui révèle que nous pourrions tous commettre le pire.
Car aujourd'hui, ceux qui ne connaissent pas le syndrome E, ne savent pas encore de quoi ils sont capables...




Le Syndrome [E] de Franck Thilliez, 510 pages, France Loisirs, 2011

Mon avis : Alors que Lucie Henebelle est en congés, au chevet de sa fille malade, elle est contactée par une ancienne relation, Ludovic Sénéchal. Il a composé son numéro au hasard, devenu subitement aveugle après avoir visionné un court-métrage ancien, datant des années cinquante, qu'il a trouvé chez un collectionneur. Face à sa certitude d'avoir perdu la vue à cause de ce film, Lucie va accepter d'enquêter et réalise rapidement que quelqu'un est à la recherche de ce film pour le moins perturbant. En parallèle, Franck Sharko est appelé pour enquêter suite à la découverte de plusieurs corps dépouillés de leurs yeux et avec la boîte crânienne ouverte, sciée nette. De façon inattendue, les deux enquêteurs vont découvrir que leurs affaires sont corrélées.

Est-il encore nécessaire de dire combien j'aime la plume de Franck Thilliez ? Ce livre se lit comme on boit du petit lait mais avec une bonne dose d'angoisse malgré tout. Franck Thillez va à l'essentiel tout en ne nous épargnant pas les détails de certaines scènes, comme par exemple le court-métrage particulièrement noir sur lequel Lucie enquête. Je pense que je deviens un peu trop sensible : j'ai eu du mal à lire une scène en particulier, je suis sûre que ceux qui ont lu le livre se doutent de la scène en question.

J'ai vraiment aimé assister à la rencontre de Sharko et Henebelle, deux écorchés de la vie, qui se dévouent corps et âmes pour leur enquête et pour les victimes.
Pour ma part, j'ai trouvé que le personnage de Sharko était beaucoup plus sombre que dans les livres précédents. Ma vision est peut-être biaisée par le fait que je les ai lus depuis bien longtemps maintenant mais j'ai vraiment eu ce sentiment d'une noirceur qu'il n'avait pas, ou moins, dans les livres précédents.
Quant à Lucie Henebelle, elle est tiraillée entre son rôle de mère et ce besoin de rendre justice aux victimes, en particulier l'enfant qui est filmée dans le court-métrage. Il va y avoir pas mal de remise en question sur son travail et les risques qu'elle prend en l'exerçant.

L'intrigue m'a bluffée, Franck Thilliez renverse totalement la situation. Il nous plonge dans l'histoire du Canada, dans une partie très noire de cette histoire tout en nous plaçant face à ce qui sommeille de plus noir en l'homme. On va découvrir des personnalités sans scrupule, machiavéliques, prêtes à tout pour parvenir à leur fin. Le livre est très bien rythmé. Il n'y a aucun temps mort. On se laisse totalement embarquer avec Sharko et Henebelle qui, du reste, forment un duo parfait.
Enfin le final se termine sur un énorme cliffhanger. Autant vous dire que j'ai hâte de me plonger dans [Gataca] !